Parlons de notre mieux. We Are All Trying Here est un Kdrama qui m'a particulièrement touchée, plus profondément que je ne l'aurais pensé.
J'ai pu lire certains avis négatifs d'internautes expliquant qu'ils avaient vite arrêté le visionnage au deuxième, voire au premier épisode, par lassitude et perte d'intérêt rapide. À l'inverse, j'ai personnellement accroché dès la seconde partie du pilote . Ce qui m'a retenue, c'est particulièrement le contexte. J'ai beaucoup apprécié d'entrer dans l'intimité des cinéastes et de découvrir la "vérité " crue de l'industrie cinématographique. Il est difficile de se lancer, il est loin d'être simple de créer une histoire assez bouleversante et forte qui marque les esprits, sans pour autant faire « trop » réfléchir un public qui cherche parfois le cinéma uniquement pour se divertir et « poser son cerveau ».
Dans We Are All Trying Here, c'est pour moi, tout le contraire, on découvre des personnages bien construits, pétris de qualités, mais aussi avec de lourds fardeaux, qui se remettent en question, avancent et évoluent. On apprend d'eux, et n'importe laquelle de leurs facettes nous touche d'une manière ou d'une autre.
Prenons Eun-a : derrière la forteresse brute qu'elle s'est construite, se cache une vulnérabilité face à sa génitrice. Elle nous accueille avec un regard plein de mélancolie, d'une tristesse douce et amère, difficile à oublier. Pourtant, dès qu'elle sourit, le plan s'illumine, tout comme le visage de Hwang Dong-man.
Parlons de lui, d'ailleurs. C'est un anti-héros particulierement fascinant. Au début, on plonge dans la vie quelque peu morose et fade de cet homme qui peut paraître "pathétique".
Pauvre, vivant avec son grand frère, il essaie de percer dans le Cinéma depuis près de 20 ans.
Il arbore une personnalité excentrique, parfois un peu trop pour certains. Il se donne un air de « monsieur je-sais-tout », mais cet égocentrisme est en réalité une barrière pour masquer ses angoisses intérieures. Il utilise la parole comme un moyen d'exister, comme un bouclier afin de ne plus être blessé; il préfère alors attaquer les autres, quitte à perdre des personnes proches.
Mais Dong-man ne fait pas seulement cela, il ne fait pas que subir. Il s'accroche à la vie et à sa passion pour le septième art. Même lorsqu'il retombe brutalement sur terre après de lourdes critiques, il persiste malgré tout. Parfois, il se montre dur, mais cela prouve à quel point il aime cet art, tout en exécrant l'hypocrisie du milieu qui l'entoure.
Malgré tout, il va s'accrocher à l'image qu'il donne. Il existe dans la douleur du passé comme dans celle du présent, une souffrance quotidienne ravivée dès qu'il se compare et se confronte à ses pairs, qu'il est renvoyé à son propre sentiment d'échec et qu'il reprend conscience de sa propre nullité : celle de n'avoir toujours pas percé après deux décennies d'écriture dans le vide.
Jusqu'au jour où il rencontre Eun-a. Elle va devenir un soutien émotionnel énorme pour lui, elle va le pousser et le porter. Leur relation amoureuse n'est pas omniprésente pour autant dans la série; elle est présentée délicatement mais subsiste grâce aux épreuves et douleurs de chacun. Cette relation est un véritable pilier pour nos deux anti heros.
Cette série peut-être un moyen viscéral d'introspection grâce à l'authenticité des protagonistes et aux réalités brutes et profondes auxquelles ils font face. Elle a été pour moi une résonance psychique. A vous de voir maintenant, si comme moi, elle vous touchera en plein coeur !:)