Ça commence doucement, mais nous laisse tout de même assez intrigué·e·s par la présentation des personnages.
Au fil des épisodes, l'action s'accélère, de plus en plus de personnages secondaires s'ajoutent et deviennent de potentiels suspects. Les rebondissements scénaristiques sont de vraies gymnastiques cérébrales qui excellent dans leur genre : la série policière. Autre trait caractéristique : des détectives anti-héros. On commence par un ACAB et on finit par l'absurdité d'un système policier efficace : démonstration d'une virilité inouïe (et drole), mais sans justice.
Il y a tout : de l'humour, des personnalités complexes dont on sort petit à petit les vieilles casseroles du placard ainsi que leur capacité à évoluer et à se surpasser, des dialogues et une ambiance complètement déjantée, reflet du cinéma australien (ici la Tasmanie), un contexte socio-politique à fort impact sur la trame narrative, une intelligence des plans psychologiques et narratifs mutiples.
Cette série fait l'exercice inédit de poser une quantité ahurissante de problématiques sociétales et environnementales au cœur de l'intrigue. Parce que oui, même dans une ruralité tasmanienne, on parle de tout.
Féminisme, racisme, néo-colonialisme, gentrification, identités queer, rapports de domination avec les animaux, classisme, etc.
Les prétendus meilleurs alliés des opprimé-es sont donc les plus dangereux, car « ne lutte pas, je m'en occupe » est bien mis en pratique par un psychopathe tueur en série, pourtant valorisé comme le « nice guy » dans sa vie sociale.