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A Distance
Dear X intrigue par son ambition : dresser le portrait d’une héroïne froide, manipulatrice, évoluant dans un univers de célébrité, de faux-semblants et de violence psychologique. Sur le papier, la...
le 14 déc. 2025
Dear X intrigue par son ambition : dresser le portrait d’une héroïne froide, manipulatrice, évoluant dans un univers de célébrité, de faux-semblants et de violence psychologique. Sur le papier, la promesse est celle d’un thriller sombre et adulte. À l’écran, malgré quelques qualités indéniables, la série m’a pourtant souvent laissée à distance.
Dès les premiers épisodes, j’ai été gênée par la manière dont le thriller aborde le personnage d’Ah-Jin et ses actes. Dear X repose sur l’idée que les violences subies durant l’enfance suffiraient à expliquer, voire à justifier, une trajectoire faite de manipulation et de destruction. Or ce raccourci m’a posé problème. La violence subie n’explique pas tout et n’excuse rien. Pire encore, certains ont des parcours identiques et ne deviennent pas pour autant ainsi et inversement. En réduisant son héroïne à une causalité unique, la série simplifie à l’excès un personnage qui aurait gagné à être traité avec davantage d’ambiguïté, même dans le cadre d’un thriller.
Par ailleurs, ce qui m’a profondément dérangée est l’utilisation d’une psychologie constamment surlignée, d’une dramaturgie très appuyée et d’un scénario manquant parfois de précision. Là où, selon moi, il aurait été préférable de laisser respirer le doute et l’ambiguïté, la série préfère montrer et souligner. Les émotions sont indiquées au marqueur, les symboles brandis avec une telle évidence qu’ils finissent par perdre toute force évocatrice. J’ai souvent eu le sentiment que la série me prenait pour une débile.
Les personnages eux-mêmes donnent parfois l’impression de sortir d’une boîte surprise : ils apparaissent quand le scénario en a besoin afin de remplir une fonction précise, mais leurs feuilles de route tiennent sur un post-it. Certaines relations reposent sur des bases trop fragiles pour justifier l’intensité des comportements qui en découlent, ce qui affaiblit l’impact émotionnel du récit.
S’ajoutent à cela des facilités scénaristiques récurrentes : objets providentiels, résolutions mécaniques, contraintes physiques ignorées. À force de raccourcis, le récit perd un minimum de crédibilité, ce qui finit par nuire à l’adhésion.
Le vernis bling-bling de la série ne m’a pas davantage aidé à entrer dedans. Ce côté fashion-week, exhibant belles gambettes et sacs à main luxueux, m’a souvent freinée. J’ai eu du mal à m’immerger tant cette esthétique prenait de la place, au détriment de la chair des personnages et de la tension dramatique.
La réalisation, en revanche, est très maîtrisée. Les cadrages, la composition de l’image et certaines scènes évoquent clairement un imaginaire de thriller psychologique très occidental, rappelant des œuvres plus anciennes comme Dead Again, avec cette même tendance à surligner la symbolique plutôt qu’à explorer la nuance. Ce langage visuel est cohérent et assumé, mais ce n’est pas celui que je recherche dans un thriller asiatique, qui possède habituellement une patte et une sensibilité différentes, héritées d’influences taïwanaises, hongkongaises ou japonaises. Cette référence très codifiée m’a donc souvent tenue à distance.
Ce qui m’a permis d’aller jusqu’au bout, en revanche, c’est le casting. Tous les acteurs font un excellent travail malgré l’écriture. Je n'ai tenu que pour les rôles secondaires, qui apportent densité, retenue et présence. En tête de liste, je citerais Hwang In Yeop qui apporte sa profondeur et sa gestion des silences dans le rôle de Heo In-Gang et Kim Do-hoon, particulièrement émouvant dans celui de Kim Jae-Oh. Je reste beaucoup plus réservée sur Kim Young-Dae mais son personnage est trop peu construit pour réellement exister, ce qui limite forcément son impact. Évidemment, mention spéciale à Kim Yoo-Jung, qui prouve qu’elle n’est pas là pour la décoration et c’est une actrice que j’apprécie beaucoup (elle participait notamment à "Young Actors’ Retreat" du réalisateur Kim Seong-yoon, aux côtés de Hwang In-yeop).
L’image finale m’a laissée de marbre : un véritable clignotant émotionnel, un surlignage symbolique façon sapin de Noël. C’est de saison, me direz-vous, mais bien trop appuyé pour me toucher.
Dear X assume pleinement son statut de thriller (mais ce n’est pas un thriller psychologique) mais c’est précisément en tant que thriller que ses facilités scénaristiques et sa démonstration constante m’ont posé problème.
Au final, Dear X est une série qui peut séduire par son esthétique, son casting et son ambition affichée, mais qui m’a laissée hermétique à son langage. À force de privilégier l’effet, le symbole et la démonstration, elle m’a trop souvent guidée au lieu de me laisser ressentir. Intéressante par moments, frustrante sur la durée, elle m’a davantage intriguée qu’émue.
Créée
le 14 déc. 2025
Modifiée
le 14 déc. 2025
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