Après avoir découvert les trois OAV de Violent Jack, je me suis dit qu’il était temps de découvrir ceux de Devilman.
Et ça commence très fort, je suis bluffé techniquement par cet OAV.
C’est vraiment le haut du panier de l’animation, rien à voir avec la série des Violent Jack.
La composition des plans, la direction artistique, le choix des couleurs, tout est assez dingue.
Le réalisateur a travaillé sur Nausicaä, et ça se voit, il y a la même patte, avec une envie de valoriser la nature sauvage.
En dehors de cela, Devilman n’a rien d’original dans son histoire, mais je trouve qu’il va dans une direction peu exploitée en général.
Par exemple, la représentation de l’enfer est totalement inédite. Il n’y a pas de feu ardent, ici, c’est la nature sauvage, avec des démons qui sont des mélanges entre des animaux, des insectes et des humains. Un choix très particulier, qui peut rendre le tout parfois ridicule, mais qui a le mérite d’être original, avec une vraie vision cohérente de l’univers.
Au fond, si l’enfer, c’est Dame Nature, c’est plutôt une bonne idée, car il n’y a rien de plus cruel que cela. Les animaux mangent les plus faibles, la plante mange l’insecte, même les belles choses visuellement sont cruelles, les papillons mangent les plantes.
En plus, l’idée que les armes des démons reposent sur la fusion amène clairement les choses vers le body horror. Le monde des démons est donc particulièrement réussi.
Ensuite, l’idée du jeune faible qui finit par avoir une puissance hors norme pour combattre des entités monstrueuses, ce n’est pas original en soi. Guyver a tout pompé sur Devilman, en remplaçant l’entité diabolique par les extraterrestres.
En termes de rythme, c’est vraiment bon, on est très vite plongé dans l’action, avec le personnage de Ryō Asuka, qui est très charismatique avec son petit manteau long et son shotgun à canon court.
D’ailleurs, la direction artistique est vraiment bonne, car on reconnaît bien le trait du style Go Nagai, contrairement à la série récente Crybaby, qui fait l’affront d’avoir un style totalement différent.
Donc, cette plongée dans l’enfer à base de boîte de nuit meurtrière est plutôt originale, avec une fin ouverte.
Les points négatifs qui font chuter la note sont sa durée, trop courte pour répondre à toutes les interrogations (qui a tué les lapins ?), qui n’auront jamais de réponse… Un bon 1h30 aurait été parfait.
Cet OAV ne sert que d’introduction, et c’est bien dommage, car sa technique méritait un véritable film d’animation.