Parfois il y a des oeuvres qui vous rappelle pourquoi vous regardez des animés de saison. L'an dernier c'était Apocalypse Hotel, cette année c'est Entre Les Lignes... ou Journal With Witch, mais comme on tient un titre français bien plus subtil que le titre original, je vais le garder.
L'animé raconte comment une jeune fille, Asa, suite à la mort brutale de ses parents, va devoir partager le minuscule appartement de sa tante, Makio, qu'elle connait à peine. Tante qui est elle même un personnage : c'est une autrice ayant sensiblement son succès (au point de vivre de son écriture) un peu lunatique, cynique et ayant sans doute quelque problèmes d'autisme. La cohabitation entre les deux va se développer pendant qu'Asa fait son deuil.
Apparemment chaque épisode adapterait quasiment un tome entier, pourtant j'ai absolument pas eu l'impression d'avoir une histoire trop condensée. (A fin de comparaison, en règle général, les animés adaptent entre 2 et 3 chapitres par épisode.) De toute façon, tout dans cet animé fait montre d'une grande qualité dans l'écriture : les personnages sont très bien travaillés et ne tombent pas dans la caricature. Asa n'est ni une ado parfaite ni une peste, Makio est un personnage complexe qui n'est ni une tante cool, ni une adulte distante.
A vrai dire, une des thématique de la série est la façon dont on est perçu par les autres et la façon dont on se perçoit soit-même. Asa va comprendre au fur et à mesure de son deuil que les parents avec laquelle elle a partagé la vie durant des années sont des inconnus
... et qu'elle ne saura jamais vraiment quels sentiment nourrissait sa mère à son égard.
C'est aussi un animé sur le deuil et l'on va voir Asa devoir gérer cela de façon très progressive. Je suis pas très fan des drames ou des séries coup de poing, et je considère que si je regarde un animé, c'est pour passer du bon temps. Pourtant Entre les lignes à su me pêcher et m'émouvoir, sans que j'ai l'impression de passer un moment désagréable.
Il y a un très bon équilibre entre la partie "vie de tous les jours" et la partie "deuil" et lorsque quelque chose de triste arrive, c'est jamais toujours justifié et très bien amené. J'ai pu passer un épisode entier à regarder Asa vivre sa petite vie, et soudain arrive LA phrase qui va me mettre la larme à l'oeil. Sans parler de quelques tentatives dans la narration comme cette moitié d'épisodes où l'on a un montage alterné de différentes discussion qu'Asa a pu avoir à la même période qui se répondent.
La réalisation est à l'image de la série : c'est toujours très correct dans sa façon de faire sans en faire trop. Alors, oui, animé un slice of life, en théorie ça demande moins de scènes incroyables visuellement qu'un animé d'action, mais quand c'est généré à l'économie, ça se voit. Ici, c'est parfait. Un bon point aussi pour l'ost toute en subtilité avec des petites notes de piano. L'ending et l'opening sont très beau aussi.
Qui plus est, la série arrive à se conclure sur 13 épisodes avec une fin satisfaisante. Que demander de plus ?