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Spleen et Idéal
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Chose qui n'était pourtant pas gagnée. Il m'a fallu dépasser le malaise de suivre la vie sexuelle d'adolescents, tout comme celui d'assister à l'autodestruction permanente de protagonistes à la dérive. Car c'est bien le propos de la série. Celui de partager la vie d'adolescents en pleine construction, chez qui le vice prédomine sur l'émancipation. Et c'est en saison 3 que l'on saisit clairement le propos du créateur et réalisateur de la série, Sam Levinson. Oui, il est question d'addictions en tout genre mais cela constitue la thématique manifeste, celle qui nous saute aux yeux. La thématique latente, que l'on retrouve tout au long de la série, est bien plus sombre encore, car moralisatrice sur fond d'idéologie religieuse. Celle que les pécheurs n'ont pas droit au pardon.
Nous avons Rue Bennett, souffrant de toxicomanie, qui incarne les péchés de la colère, incapable de surmonter le deuil de son père, et de la paresse, incapable de trouver un sens à son existence. Jules Vaughn incarne, quant à elle, les péchés de la luxure et de la paresse (surtout en troisième saison). Nate Jacobs, manipulateur et violent, incarne le péché de l'orgueil, se vivant comme tout-puissant. Cassie Howard, en quête d'amour et de validation, incarne également les péchés de la luxure et de l'avarice (essentiellement en troisième saison). Maddy Perez incarne le péché de la jalousie, insatisfaite de sa propre réussite, le regard toujours tourné vers les autres. Lexi Howard, sœur de Cassie, plus passive, incarne le péché de la paresse, se refusant notamment, pendant une bonne partie de la saison 1, à exploiter son potentiel. Fezco O'Neill, dealer de drogue et protecteur de Rue, incarne le péché de l'avarice où seul l'argent a de la valeur. Kat Hernandez, adolescente qui cherche à s'affirmer et à reprendre confiance en elle, incarne la gourmandise et la luxure. Cal Jacobs, père de Nate, incarne lui aussi la luxure. Enfin, Ali Muhammed, ancien toxicomane devenu mentor de Rue, incarne également la colère.
Sans rentrer dans les détails (ce serait trop long), on voit bien où le réalisateur veut nous amener. On peut y adhérer ou non, ce n'est d'ailleurs pas mon cas, n'étant pas fan du message final. Mais il s'agit ici d'être le plus objectif possible et la série se tient bien de bout en bout. On a deux saisons excellentes qui, d'ailleurs, se suffisent à elles-mêmes, et une troisième saison dispensable dans le fond, qui s'égare parfois, mais qui a le mérite d'être tout aussi bien réalisée. La photographie est moins marquante mais cette saison introduit de nouveaux protagonistes très marquants, tout en donnant une conclusion officielle à l'ensemble des personnages que l'on suit depuis le tout début.
Et pour l'attachement que j'ai tout de même éprouvé pour ces personnages complexes, pour sa réalisation exemplaire et son intrigue captivante, je lui mets la note de 8/10.
Créée
le 16 juil. 2026
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