Evilive est un thriller sombre, en tous points remarquable.
Dong-su est un brillant avocat. Trop intègre, il a été accusé de faute par le grand cabinet qui l'employait, afin de l'empêcher de dévoiler un meurtre lié à une caisse noire politique dans laquelle trempait son patron. Rayé du bureau pendant 3 ans, il vivote depuis qu'il a retrouvé le droit d'exercer, en essayant péniblement, pour gagner sa vie, de trouver des affaires à plaider auprès des détenus dans les prisons.
A cette occasion il va rencontrer Do-young, un chef de gang piégé par un rival, qui ne pense qu'à se venger quand il aura fini sa peine.
Bien que fondamentalement différents et avec des philosophies de vie totalement opposées, l'un et l'autre vont être progressivement amenés à se rapprocher pour faire converger leurs intérêts respectifs, à savoir dans un premier temps, leur soif de vengeance.
Do-young va d'abords manipuler et utiliser Dong-su pour parvenir à ses fins, avant que ce dernier ne fasse en sorte de devenir indispensable.
Le scénario va ainsi nous vendre le mariage de la carpe et du lapin, mais d'une manière suffisamment habile pour que l'on y adhére rapidement.
Si Do-young va toujours rester fidèle à lui même (cruel et violent), l'intrigue va nous dévoiler l'évolution de personnalité de Dong-su, au fure et à mesure des dépassements successifs de limite qu'il semblait s'être initialement fixées.
Quand il va comprendre que pour protéger les siens et atteindre son but il lui faut le pouvoir, il sera prêt à utiliser les mêmes méthodes que ses adversaires et à franchir le Rubicon, sans manifestement en mesurer le coût...mais est ce réellement le cas ? A t'il basculé sans réfléchir ou bien se révèle t'il finalement à lui même après avoir enfoui sa personnalité pendant des années ?
On se posera cette question jusqu'au bout, tout en nous interrogeant sur la manière dont chacun pourraient se sortir (ou pas) du bourbier dans lequel il s'est enfoncé.
Le scénario est remarquable, plein de rebondissements mais sans incohérence ou raccourci qui seraient là pour faire avancer l'intrigue.
Tout repose sur des luttes pour le pouvoir (et par ricochet l'argent) entre gangs et politiciens (tous lié), où tous les coups sont permis, surtout s'ils sont bien tordus.
L'approche de la psychologie des indivus, un des points clé de la série, est quant a elle particulièrement subtile.
C'est violent, souvent malsain, tout en restant crédible.
Mais que serait ce drama sans les magnifiques interprétations de Shin Ha-kyun (Dong-su) et Kim Young-kwang (Do-young), tout à fait exceptionnels tous les deux ; ils attirent toute la lumière bien que certains seconds rôles soient également très bons (Shin Jae-ha notamment, le frère de Dong-su).
A noter par ailleurs une superbe OST ; je n'y prête généralement qu'une relative attention, mais là j'ai été de suite attiré en me surprenant à aller jusqu'au bout des génériques de fin de chacun des 10 épisodes pour l'écouter.
Si vous cherchez de la romance, du sourire ou de la bienveillance, passez votre chemin. Vous aurez droit dans cette série au bal des sournois et des malfaisants, mais c'est tellement adictif et génial... uniquement pour ceux qui nont pas peur de garder le goût de l'amertume. Moi j'ai adoré.