For All Mankind
7.6
For All Mankind

Série Apple TV (2019)

Voir la série

For All Mankind : Recréer/marquer l’histoire

Avant toute chose je tenais à dire que je n'ai pas regardé toutes les séries critiquées récemment en si peu de temps, j'avais déjà un discord ou je partageais ces critiques avec des amis et d'autres enthousiastes. Je ne fais que les "transférer" ici ! bientôt je reprendrai un rythme disons moins...frénétique !

J'ajoute aussi que je n'ai pas vu la toute derniere saison de la série...




L’uchronie dans sa forme la plus aboutie

Je n’ai jamais vu une uchronie qui m’ait paru si réelle, si tangible. C’est vraiment hallucinant. For All Mankind invente sa propre version de l’histoire, une version où la guerre froide a continué et où l’URSS n’est pas tombée. De plus, elle part du principe que ce sont les Russes qui sont arrivés sur la Lune en premier. Mais malgré cette uchronie hyper bien ficelée, ce qui nous intéresse nous (et ce dont la série parle), c’est la course à l’espace qui est devenue dans la tête des politiques la chose la plus importante pour montrer la supériorité des États-Unis. Voilà, en gros, de quoi parle For All Mankind.


Des sauts de puce dont on devient accro

La série prend un parti pris hyper intéressant : entre chaque saison, il se passe 10 ans. Je vous avoue qu’au début j’en étais pas mal déstabilisé, mais au bout de la deuxième fois on en devient vraiment accro. Nos personnages grandissent (ou vieillissent). Les technologies arrivent d’une décennie à l’autre. Il y a ce côté, encore une fois, très fresque dans cette série, cette volonté de vouloir narrer sur une très longue période la découverte et la conquête du système solaire.

Ensuite, à chaque début de saison, la série propose quelque chose de super : un résumé des 10 dernières années de ce qui s’est passé dans le monde, avec de fausses images d’archives et beaucoup de deepfakes pour simuler des faux discours. C'est tout simplement brillant !


L’esthétique Nasa Punk, la référence du genre

Je ne vais pas faire un exposé sur cette esthétique mais j’aimerais tout de même en tracer les contours. Le Nasa Punk, c’est cette idée d’imaginer un avenir basé sur la technologie spatiale réaliste des années 60 et 70. Parmi ses piliers pour la définir, on trouve ce credo qui est « la fonction avant la forme », mais aussi cette approche du vécu à travers ce côté de peinture écaillée avec beaucoup de notes de blanc, de gris et de beige. C’est vraiment ce côté : « on fait des trucs de fou mais avec des technologies pas toujours incroyables » et aussi, il y a toujours des petits boutons partout et ce bruit vraiment caractéristique des ordinateurs de cette époque.

For All Mankind ne l’a pas inventé ; bien avant, on pouvait déjà en parler avec la série Alien, Interstellar, 2001 : l’Odyssée de l’espace ou carrément le jeu vidéo Starfield. Tout ça pour dire que For All Mankind est pour moi l’œuvre qui s’est le plus amusée avec ce concept et qui va même jusqu’à respecter toutes les règles scientifiques de l’espace (pas de son dans l’espace, la question de l’Hélium 3 sur la lune et bien d’autres choses).


Ne vous attachez pas aux personnages, ils sont juste de passage

Pour une fois, cette série ne se concentre pas sur ses personnages ; ils sont au mieux intéressants et au pire pas forcément marquants. Non, en fait, la série veut juste vous raconter comment l’espèce humaine gère cet afflux de recherches et cette soif de découvertes à travers le système solaire, comment les pays se sont organisés (bon, surtout les États-Unis) pour gérer les différents défis (base sur la Lune, l’Hélium 3, privatisation de l’espace, voyage jusqu’à Mars, etc.). Les personnages sont là juste pour illustrer toutes les idées et apporter leur aide à toute cette effervescence commune ; ils apportent donc chacun à leur manière leur pierre à l’édifice pour parvenir à ce dessein.


Mais ça s’arrête quand ?

De base, les créateurs de la série ont prévu de faire maximum 7 saisons, ce qui équivaut donc à dire que ce sont alors 70 ans qui devraient être couverts par la série. Les showrunners estiment qu’on ne serait donc plus là dans de l’anticipation du futur de la conquête spatiale mais dans de la véritable science-fiction, et leur but est avant tout d’imaginer une autre version, une autre lecture de la conquête spatiale. C’est littéralement un immense « What if » : que se serait-il passé si la course à l'espace ne s'était jamais arrêtée ?


Le revers de la médaille

Tout n'est pas parfait dans cette conquête spatiale, et deux points m’en ont parfois fait sortir de cette magnifique fresque.

Si l'épopée spatiale est magistrale, la série retombe parfois un peu trop lourdement dans le "soap opera" une fois revenue sur Terre (voire même sur les différentes bases). Certaines intrigues familiales ou amoureuses s'étirent en longueur et semblent moins vitales que les enjeux géopolitiques ou scientifiques. Ces moments de creux peuvent donner l'impression que la série cherche à remplir le temps entre deux missions épiques, ce qui casse parfois la dynamique de la saison.

Enfin, voilà le revers de la médaille des sauts de dix ans. Si voir les personnages évoluer est passionnant, le travail de maquillage pour faire vieillir les acteurs d'origine (parfois sur 30 ou 40 ans) montre ses limites en saisons 3 et 4. On sent parfois le poids des prothèses et du latex, ce qui peut sortir un peu de l'immersion, surtout quand on sait que l'acteur sous le maquillage est encore bien jeune. C'est un pari technique audacieux, mais qui n'est pas toujours 100 % convaincant visuellement.


En résumé, For All Mankind a été pour moi une superbe surprise. La série est ultra convaincante et elle est bien évidemment tellement en phase avec l’actualité. Les missions Artemis d’aujourd’hui ont aussi pour mission, à terme, d’installer des gens sur la Lune, de pouvoir enfin travailler avec l’Hélium 3 (Branchez vous Hélium 3 c'est l'avenir de notre civilisation) qui nous permettra d’enfin se lancer à la conquête de Mars. C’est une série audacieuse, recherchée, qui dessine déjà les enjeux que nous connaîtrons peut-être dans les prochaines années…




En plus y'a une chouette parodie de Elon Musk dans la série ! Comme dans la vraie vie, le personnage est détestable mais un véritable génie il faut bien le reconnaitre !

Jyjy-La-Sauce
8
Écrit par

Créée

le 11 mai 2026

Critique lue 21 fois

Jyjy-La-Sauce

Écrit par

Critique lue 21 fois

1

D'autres avis sur For All Mankind

For All Mankind

For All Mankind

9

Thibault_du_Verne

1125 critiques

Critique de For All Mankind par Thibault_du_Verne

Saison 1 : Uchronie sans sensationnalisme, For All Mankind tord l'histoire et réinvente la guerre froide et la conquête spatiale avec une volonté de réalisme troublant. Elle imagine comment notre...

le 17 janv. 2024

For All Mankind

For All Mankind

7

GwlaDys1

45 critiques

For All Mankind indeed.

J'adore cette série. J'aime l'uchronie intelligente que nous propose Ronald Moore, et l'écriture complexe et précise qui est déroulée sur la saison. C'est une série féministe, c'est vrai et c'est...

le 7 déc. 2019

For All Mankind

For All Mankind

5

DLangelot

13 critiques

Une désillusion

J'ai profité d'une offre d'abonnement intéressante pour m'abonner à Apple TV+ car je voulais absolument voir cette série. En effet, la promesse d'une uchronie sur la conquête spatiale avec les russes...

le 9 avr. 2022

Du même critique

Yellowstone

Yellowstone

9

Jyjy-La-Sauce

9 critiques

Yellowstone : La préservation comme religion

Yellowstone, je me souviens que lorsque je l’ai terminé, j’ai eu peut-être un des plus grands vides de ma carrière de sériephiles… Surtout quand un bon geek/fan de série que je suis, je m’étais tapé...

le 16 mai 2026

For All Mankind

For All Mankind

8

Jyjy-La-Sauce

9 critiques

For All Mankind : Recréer/marquer l’histoire

Avant toute chose je tenais à dire que je n'ai pas regardé toutes les séries critiquées récemment en si peu de temps, j'avais déjà un discord ou je partageais ces critiques avec des amis et d'autres...

le 11 mai 2026

The Bear

The Bear

8

Jyjy-La-Sauce

9 critiques

The Bear : Bien plus que le monde de la restauration...

Ce fut un gros bingewatch pour moi, j’ai été vraiment happé ! Ce qui est drôle, c’est que je n’ai pas vraiment été à fond dès le début. The Bear est une série qui prend son temps, les personnages...

le 7 mai 2026