Fortune de France est l'un des grands chefs d'œuvres de la littérature historisante française avec notamment Les Rois Maudits. Si ces derniers ont fait l'objet de deux adaptations sur le petit écran ; une première excellente, une seconde très passable, ce n'avait jamais encore été le cas pour Fortune de France. C'est maintenant chose faite. Si on peut saluer l'idée, le résultat est-il à la hauteur ?
Commençons par le générique. S'il reprend le visuel classique des séries du genre sans trop se fouler, la musique en elle-même fait penser à celle de Downton Abbey. Et plusieurs fois, la musique d'ambiance pendant les épisodes m'y a fait penser également. Bref, le générique fait le job, mais il n'est pas inoubliable et nous met dans une ambiance qui n'est pas forcément celle qu'il aurait fallu.
Nous sommes en France, en pleine période de guerre de religions. C'est l'une des périodes les plus violentes de France. Or, là, très peu de scènes de violence, et celles-ci restent très suggestives. Voilà où le bat blesse : les livres de Robert Merle sont pleins de violence, de descriptions chirurgicales des horreurs de la guerre, mais aussi de scènes de ripaille et de fornication. Oui, un peu comme dans Game of Thrones. Mais là, il n'en est rien. On dirait une version aseptisée. Sans oublier l'humour. Car les livres de Merle en sont pleins. Et dans cette adaptation, tellement peu ! Pas étonnant que les deux premiers épisodes soient à ce point soporifiques ! De plus malgré l'importance de volume du premier tome (sur 13) qui est adapté ici, il n'y a que 6 épisodes. Comment d'un livre si riche peut-on faire une série si pauvre ? On passe tout de même de bons moments avec certains personnages. Les comédiens choisis pour faire les fils notamment sont tout à fait à la hauteur de la tâche, Gouix fait bien le job et Duvauchelle est correct (bien que peut-être un peu propre sur lui ? Le comédien qui fait Jonas est excellent et fort sympathique et on regrette qu'il n'ait pas une présence plus importante à l'écran. Bien sûr, il y a des problèmes concernant le parler de l'époque et de la région et la comédienne qui joue la femme qui parle de cette manière est justement très convaincante, comme l'est également le maitre d'armes. Quant à d'autres personnages, on se demande à quoi ils servent, comme par exemple cette Franchou (Ophélie Bau) qui fait son apparition en cours de route.
Bref, une production toute lisse qui fait tout juste le job mais qui manque beaucoup de folie (et de budget). On attend tout de même une prochaine saison avec l'adaptation d'En nos vertes années, excellent second tome de la série (de livres) de Robert Merle.