Durant ma jeunesse, j’ai dévoré Asimov. Le cycle de fondation mais aussi les robots, les enquêtes d’Elijah Baley et son acolyte robot. Émerveillement total devant cette œuvre si aboutie et cohérente, devant les trouvailles géniales de l’auteur (les lois de la robotiques, la psychohistoire, l’évolution des civilisations) et les réflexions, tissées au fil des romans sur des milliers d’années de récit. Un monument.
Autant dire qu’en découvrant les premiers épisodes de Foundation, ma mâchoire s’est littéralement décrochée. Terminées les grandes intrigues à hauteur de civilisation, l’approche scientifique qui privilégie l’intelligence, les grandes idées. Ça pétarade de partout, la psychohistoire ressemble plus à de la magie qu’à une théorie scientifique, les individus prennent le pas sur le destin de la civilisation… même les lois de la robotique sont ravalées à un vulgaire programme adaptable à loisir. Première réaction : colère, rejet.
Ce n’est qu’une fois la saison 2 amorcée, et l’écart entre les livres devenu un gouffre, que j’ai apprécié la série pour ce qu’elle est : un genre d’hybride entre star wars et game of thrones qui aurait repris quelques idées des romans d’Asimov.
Et une fois qu’on regarde la série pour ce qu’elle est, elle propose de belles choses : du rythme, une esthétique superbe, le concept de dynastie génétique et surtout un casting de haut vol. Demerzel, les empereurs, Hari Seldon, brother Constant, Hober Mallow… une galerie de personnages franchement réussie, avec un bémol pour Salvor Hardin. Difficile de bouder son plaisir devant les empereurs Day campés par Lee Pace qui prête son physique de dieu grec à une version différente de l’empereur à chaque saison : flamboyant, puéril, désabusé…. Les enjeux des personnages se complexifient avec le temps, il y a un souffle épique et indéniable.
Ce n’est pas Fondation, c’est beaucoup moins intellectuel, c’est inégal, mais c’est un très bon Space Opéra, sans aucun doute meilleur que les nouveaux Star Wars ou la fin de Game of Thrones.
(7 c’est un peu surnoté, mais cette série mérite de dépasser la barre du 6 !)