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Soyons fous
C’est drôle et bourré de second degré : Gaus Electronics ne se prend pas une seconde au sérieux, et c’est ce qui est bien !J’ai commencé la série pour Kwak Dong-yeon, un acteur formidable trop...
le 8 févr. 2025
Quelle erreur de débutant de ma part : j'ai regardé "À demain au bureau " juste après avoir vu " Gaus Electronics ". Et là, ce fut le drame : on passe de la Champion's League à un match de division de district ; du Champagne au Champomy, d'Alain Delon à Alain Deloin. Tu perçois la différence entre le caviar et de la marmelade ? Ce drama issu d'un webtoon est une rom com qui ne dit pas son nom, mais pas que. Au départ pourtant, Gaus Electronics donne presque envie de fuir : une comédie de bureau complètement barrée, avec des employés qui semblent sortir d'un cartoon. On se demande rapidement : "Mais c'est quoi cette merde ?"… avant de réaliser, l'épisode suivant, qu'on est complètement devenu accro à cette bande de bras cassés aussi déjantés et loufoques les uns que les autres. Et si c'est ça le monde du travail, je vais postuler immédiatement. C'est un peu le genre de folie douce et tendre que j'avais trouvée dans le drama My Sweet Mobster, mais aussi dans Seoul Busters : de l'amour, de l'absurde, mais aussi de la profondeur quand il le faut. Un drama très addictif et attachant. Génial !
L'histoire suit le quotidien professionnel, mais aussi amoureux, d'employés de bureau au service marketing de la société Gaus Electronics. Il y a Lee Sang-Sik(Kwak Dong-Yeon), un gentil garçon timide et gaffeur, mais complètement hermétique aux émotions que les autres essayent de lui faire partager. Cha Na-Rae(Ko Sung-Hee) est une assistante manager au tempérament volcanique qui lui en fait voir de toutes les couleurs. La "bombe" Gun Gang-Mi(Kang Min-Ah) n'est pas qu'un physique, c'est une badass et une femme à poigne, et il ne faut pas s'y frotter. Il y a aussi Baek Ma-Tan(Bae Hyun-Sun), le fils du chaebol "Power", le concurrent direct de Gaus, qui est là de manière incognito. Couvé par ses parents, c'est pour lui un "voyage en terre inconnue", aussi bien dans le monde du travail qu'en amour. Enfin, il y a les chefs Ki Sung-Nam(Baek Hyun-Jin) et Wie Jang-Byung(Heo Jung-Do), qui n'ont pas l'air d'avoir la lumière à tous les étages. Je vous laisserai découvrir les autres et les surprises qu'ils nous réservent, et il y en a beaucoup.
La grande force du drama n'est pas son intrigue principale, mais ses personnages. L'histoire d'entreprise, les rivalités entre sociétés ou "l'espionnage" de Ma-Tan servent surtout de décor. Ce qui compte, ce sont les interactions entre ces personnages improbables qui finissent par devenir attachants. Cette adaptation reste proche du webtoon en assumant son délire et son absurdité dans le ton et l'atmosphère retranscrits à l'écran : on a donc les bruitages décalés et WTF, les onomatopées de circonstance, les incrustations à l'écran, les situations exagérées et sorties de leur contexte, et des réactions dignes d'un dessin animé. En clair, au lieu de chercher un réalisme impossible, le drama assume son univers. Les bruits de cheval ou de chien, les gags visuels, les réactions disproportionnées deviennent une partie de son identité. Le plus important est que les acteurs jouent tout cela avec un sérieux absolu. Ils ne jouent jamais "une blague" : ils jouent leurs personnages. C'est ce qui permet au spectateur d'oublier les acteurs et de voir uniquement les personnages. Et ça, j'ai adoré, c'est vraiment la force du drama. Deux couples ou futurs couples sont mis en avant, et comme un vieux gimmick qui fonctionne toujours, ce sont bien entendu des opposés qui nous sont proposés. Sur le papier, ils n'ont rien à faire ensemble... Et pourtant.
Sang-Sik est calme, maladroit, effacé, extrêmement gentil. Na-Rae est explosive, bordélique, directe et sans filtre. Lui est propre et organisé, elle vit dans le chaos ; lui réfléchit trop, elle agit immédiatement. Et pourtant, c'est justement ce qui fonctionne. On s'attache à eux immédiatement. Je me suis surpris à encourager ce pauvre Sang-Sik comme un imbécile. Le plus drôle est que Sang-Sik est probablement l'un des héros romantiques les plus incapables de comprendre qu'il plaît à quelqu'un. Même lorsque Na-Rae lui envoie des signaux évidents, il reste persuadé qu'une femme comme elle ne peut pas être intéressée par lui. Son manque total de confiance en lui crée des situations absurdes, mais aussi très touchantes. La relation entre Ma-Tan et Gang-Mi est complètement différente : Ma-Tan est probablement l'un des plus gros détournements du cliché du fils de riche. Oui, dans Gaus, on casse tous les codes stupides des K-dramas romantiques. C'est un patron incognito version enfant perdu... Il est très gentil, mais surtout très naïf et ne connaît rien aux relations humaines, car il a été trop couvé. Il ressemble parfois à un nouveau-né qui débarque dans le monde. Sa rencontre avec Gang-Mi, c'est un peu comme si la camomille rencontrait un volcan en éruption permanente. Surtout que lorsqu'elle est bourrée, elle devient une démone.
Tous les autres personnages apportent spontanéité, fraîcheur et un dynamisme à toute épreuve. Ils sont tous attachants et dérangés, et c'est aussi ce qui fait la force du drama. L'entreprise Gaus est remplie de personnages qui, dans une vraie société, auraient probablement été licenciés depuis longtemps. Mais c'est justement le principe : ce ne sont pas des employés réalistes, ce sont une famille dysfonctionnelle dont nous observons les comportements cliniques. Aziz(Sazal Mahamud) fonctionne notamment comme une sorte de conscience extérieure face aux deux idiots romantiques. C'est le seul personnage normal (ou presque) de la série. Cette série fonctionne un peu comme un grand détournement des codes des rom com habituelles : l'amour est un contre-pied permanent, les conflits de bureau se résolvent par l'absurde, le ridicule ne tue pas, et même pour la peste Hae-Young, on ne ressent même pas d'animosité. Enfin, la romance ne naît pas d'une perfection idéalisée, mais des défauts des personnages. Surtout qu'il y a aussi des surprises qu'on ne voyait pas venir. C'est un drama qui fait du bien aux zygomatiques. Et si tout cela fonctionne bien, c'est avant tout grâce à l'implication des comédiens : Kwak Dong-Yeon et Ko Sung-Hee sont beaux à voir, c'est un couple que j'adore, car totalement improbable. Beaucoup d'émotions se dégagent de la série.
Gaus Electronics est un OVNI qu'on aimerait voir plus souvent, car il détourne les codes et clichés classiques auxquels on est habitué et dont on se lasse souvent. C'est un drama dont on ne devrait pas juger les premières minutes. Ce n'est pas une série qui cherche à raconter une grande aventure professionnelle ou une romance parfaite: elle raconte juste la vie de gens imparfaits qui finissent par trouver leur place auprès des autres. Ici, le scénario est secondaire ; l'intrigue est un outil au service des personnages, pas l'inverse. Et le format choisi est parfait pour maintenir un rythme constant. L'épilogue à chaque fin d'épisode, pour nous présenter un appareil "made in Gaus", est juste hilarant. Sous l'aspect cartoon, les personnages ne sont jamais des caricatures vides : ils ont tous une faille et racontent leur propre histoire. Derrière la déconnade permanente se cache finalement une série très tendre sur des gens qui cherchent simplement leur place auprès des autres. En définitive, la dernière image qu'on garde est celle d'une famille dont on a aimé partager tous ces moments de vie. Comme quoi, parfois, il ne faut pas chercher la logique dans un drama. Il faut juste accepter de monter dans le train de la folie et profiter du voyage.
Main Theme : Kim Jong Wan (NELL) - Because I Love You
Additionnel OST : LUCY - Dazzling Diamond
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