L'idée de base de Godless était plutôt grisante : une ville balayée de ses hommes par un accident dans la mine locale, se retrouve à panser ses blessures au milieu d'une querelle sanglante entre une bande de desperados et son meilleur élément. Ajoutons à cela la plupart du casting et un nombre vraiment réjouissant de personnages vraiment intéressants (Mary Agnes, l'institutrice, Whitey, le Marshall...), et une réalisation à toute épreuve balayant en grand angle l'immensité de l'ouest sauvage, il y'avait tout pour réussir un grand renouveau dans le western, attendu depuis la mort prématurée de Deadwood.
Mais là où sent un petit coup de grisou, c'est dans ses personnages principaux, si le personnage de Roy Goode est impeccable dans son rôle assez évident du gentil vilain, j'ai eu beaucoup de mal avec celui incarné par Jeff Daniels, beaucoup trop bavard et poseur, et surtout par le personnage incarnée par Michelle Dockery, qui tue dans l'oeuf l'idée d'un western avec des femmes fortes et indépendantes. Sans rien vouloir spoiler son rôle semble parfois sortie de l'époque de Legend of the Falls, et celle qui est capable de diriger un ranch, se faire respecter à coup de Winchester, et braver la belle mère la plus terrible de l'ouest, est trop souvent réduite au rôle de potiche que vont se refiler les males sans qu'elle ait grand chose à en dire, voir qu'on peut limite acheter. J'aurai vraiment aimé qu'on creuse un peu plus tous ces personnages féminins, et qu'on leur donne plus de main prise sur l'histoire. Ca aurait été moins cliché.
C'est pourquoi les premiers épisodes ne m'ont que moyennement emballé, très centré sur cet improbable mélodrame, les cavalcades, là où après j'ai vraiment accroché quand on creuse beaucoup plus la vie du village, et qu'enfin chacun prend son histoire en main.
Mais au final je retiens quand même, un bon moment de western, une superbe réalisation, et si la promesse originale n'est qu'à moitié tenue, l'ensemble a quand même une bonne gueule. Et le format mini-série nous épargne de devoir laisser des mystères bidons en plan pour assurer une deuxième saison, ce qui aurait été vraiment malvenu.
Puis bon l'anglais avec cet accent à couper au couteau c'est quand même hyper doux à l'oreille.
Point détail, faudra par contre m'expliquer pourquoi dans le dernier épisode, ils ne pendent pas le journaliste dès son retour, c'est le far wast ou le train de la mine de Mickey ?