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le 26 mai 2026
SuivreSérie sympa à regarder
J'aime beaucoup cette série on passe vraiment par toutes les émotions
Pour l'anecdote, plusieurs séquences du drama ont été tournés en France durant le mois de juin 2025. Et lors de la toute fin, j'ai failli avoir un choc...On peut voir la ville de Cassis près de Marseille (y'a un Casino) et le village du Castellet dans le Var (à coté du circuit Paul Ricard)
Le titre Gold Land prend tout son sens dans sa dimension symbolique. L’or n’est jamais simplement un enjeu matériel, c’est une force corruptrice. Car si c'est d'abord le nom d'un Hôtel-Casino planté au milieu de nulle part, et visible des kilomètres à la ronde, c'est aussi une empreinte territoriale que tout le monde voudrait posséder. Ce drama laisse une impression étrange et paradoxale : celle d’une œuvre imparfaite, parfois frustrante, mais difficile à réduire à un simple échec tant il parvient à installer une atmosphère et une trajectoire émotionnelle fortes. Présenté initialement comme un thriller criminel classique, Gold Land s'avère en réalité beaucoup plus hybride : à la fois noir et psychologique, d'abord lent puis soudainement hystérique, où l’or agit moins comme un enjeu matériel que comme une véritable infection mentale. Le scénario est classique, parfois poreux, mais il est sauvé par une réalisation magistrale et des comédiens très bons qui ont suffi à faire pencher la balance du bon côté.
Kim Hee-Ju(Park Bo-Young) travaille au service du fret d'un petit aéroport, contrôlant ce qui provient de l'étranger. Son petit ami Lee Do-Kyeong(Lee Hyun-Wook), pilote de ligne, la contacte pour faire passer un cercueil un peu spécial. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que ce dernier, criblé de dettes depuis longtemps, travaille pour un cartel de la pègre et transporte des cargaisons illégales. Bon, je ne te spoile rien en te disant que c'est de l'or. Et pas qu'un peu : une tonne répartie en 100 lingots de 10 kg. Quand elle va entrer en contact avec ce magot suite aux ennuis de Do-Kyeong, le sentiment d'avidité va prendre le dessus sur la raison. Venant d'un milieu très pauvre, la vue de tout cet or va lui brûler les yeux. Bientôt, elle devra affronter ou s'allier, selon les circonstances, avec de dangereux personnages. Vont graviter autour d'elle Park Ho-Cheol(Lee Kwang-Soo), le bras droit du patron qui gère le palace Gold Land, Jang Wook(Kim Sung-Cheol), un usurier à première vue de petite envergure, et enfin Kim Jin-Man(Kim Hee-Won), un détective corrompu car criblé de dettes. Son unique but : survivre tout en préservant son « trésor ».
Il faut prendre en compte une chose essentielle ici : il n'y a qu'un personnage mis en avant et c'est celui de Hee-Ju. Park Bo-Young est méconnaissable dans son vrai premier rôle dramatique et elle assure assez bien. L’or, omniprésent, s'impose comme le véritable moteur narratif et, surtout, comme un révélateur : il ne rend pas les gens mauvais, il dévoile à quel point ils l’étaient déjà. Car il est bon de souligner que tout le monde est mauvais dans Gold Land, mais à divers degrés, et certains avec des circonstances atténuantes. On circule dans un univers au cynisme assumé et presque systémique. Le Casino, au fond, on le verra très peu, et de toute façon il n'a aucun impact dans la série. C'est juste une figure de style symbolique pour accentuer le ressort de puissance et de domination. Il représente le point névralgique de la corruption. L'or remet tout à plat dans les relations : le lien de confiance, le jugement, le sens moral, la capacité d'analyser... Comme avec Gollum dans Le Seigneur des Anneaux, la possession devient l'obsession. Hee-Ju erre dans une espèce de voyage initiatique malsain et glauque, traqué par les ombres de son passé; où le danger est omniprésent. On insiste sur la frêle femme facilement manipulable au début, mais l'est-elle vraiment ? Le thriller débute doucement, trop presque, comme dans un drame psychologique. Puis on va ressentir une montée en puissance évidente, jusqu'au final explosif. Ce que j'ai apprécié, c'est qu'on se demande constamment comment cela va se terminer.
Gold Land ne révolutionne pas le genre, mais il propose des pistes novatrices de par sa construction. On n'est jamais dans un ton ou une atmosphère monocordes, il y a vraiment une montée en puissance et d'adrénaline bien ressentie. Mais le scénario est parfois confus, usant de facilités d'écriture pour faire avancer l'histoire. Certaines séquences ou décisions prises par les personnages sont parfois ubuesques et convainquent difficilement, et certaines scènes de combat ne sont pas très crédibles pour forcer le trait. Mais on a au moins de l'explosivité et on ressent soit de l'empathie, soit de la haine assez facilement, je trouve. Les trois derniers épisodes viennent remonter l'estime que je pouvais avoir envers le drama, sauf la toute fin, un peu trop facile, genre carte postale de voyage exotique (et on sait ce que j'en pense !). Il ne faudra jamais perdre de vue que cette histoire manque souvent de crédibilité et de logique. La soudaine et quasi immédiate entente entre Hee-Ju et Jang Wook sort du chapeau comme par magie, par exemple. On va être obligé de trouver des explications tirées par les cheveux pour nous faire admettre des choses improbables. Et quand l'or circule, entre les mains de l'un ou de l'autre, on est un peu paumé. La violence est omniprésente, qu'elle soit verbale ou physique : amateurs d'hémoglobine et de bastons hardcore, vous êtes les bienvenus. L'écriture est donc fragile, mais elle a une capacité à surprendre.
Mais les points forts de Gold Land résident ailleurs : la réalisation est très bonne et sait rendre l'atmosphère pesante, comme dans tout thriller qui se respecte. On navigue ainsi entre des séquences psychologiques liées aux différents protagonistes et des séquences de combat extrêmement violentes qui viennent casser le faux rythme ambiant. Ce qui retient l'attention, c'est une très belle photographie qui fait penser aux polars d'antan. D'ailleurs, de nombreuses scènes ont été tournées de nuit pour accroître ce sentiment de peur et de danger permanent. Il y a souvent des ruptures pour marquer des événements passés ou pour brouiller les pistes. C'est souvent intense, malgré un certain manque notable d'équilibre. Plus les personnages s'enfoncent dans la fièvre de l'or, plus leur cupidité (ou pas) et leur folie vont exploser. On verra ici qui a encore sa part d'humanité. L'autre force, c'est le casting à la hauteur des enjeux : on a le boss Kim Hee-Won dont le rôle prend de la consistance au fur et à mesure, Kim Sung-Cheol dont le personnage restera ambivalent jusqu'au dénouement, mais surtout on a deux acteurs au-dessus du lot. Alors, je n'idolâtre pas Park Bo-Young, mais je l'ai trouvée très probante dans ce rôle à contre-emploi pour elle. Je dirais juste à ses détracteurs qu'on n'obtient pas le prix de la meilleure actrice aux Baeksang Arts Awards de 2026 par hasard. Et enfin, comment ne pas encenser Lee Kwang-Soo: il est monstrueux dans tous les sens du terme, ce type est fou.
Ce drama n'est peut-être pas parfait, mais au moins, il nous fait partager une histoire et des émotions palpables. Oui, il y a des choses étranges et qui font cogiter (le poids du cercueil au début, par exemple, ou bien cette toute fin tirée par les cheveux et moyennement réussie), mais c'est un vrai thriller. On se plaira à analyser le comportement des héros face à cette montagne d'or qui leur tend les bras, quitte à les voir prendre des décisions déraisonnées, ou bien agir de manière incontrôlée, spontanée et disproportionnée; des choix qu'ils ne feraient pas dans des situations normales. Par moments, l'or apparaît comme le miroir de l'âme, en dévoilant la vraie personnalité des gens de manière abrupte, tel un joueur de poker faisant tapis. Tricher oui, mentir non : telle pourrait être une maxime de Gold Land. Si certains feront preuve d'abnégation, d'autres seront sans pitié, la trahison étant un véritable leitmotiv. Dommage que certains secrets restent dans l'ombre, préservant une part de mystère, volontaire ou non. Que retenir au final ? Que l'or agit comme un élément toxique, la tentation ultime de la cupidité humaine. L'homme devient sa propre proie pour un métal que Midas rendait pourtant obsolète. Et puis surtout, voir Park Bo-Young parler français, certes de manière phonétique, mais tellement poétique dans les rues de Cassis ou du Castellet, vaut bien tout l'or du monde, non ?
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Créée
le 27 mai 2026
Critique lue 367 fois
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