Grégory
7.5
Grégory

Série Netflix (2019)

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Quand le crime étouffe, que la vérité vacille, et que tout le monde parle… trop

Si Grégory était une enquête, ce serait un polar glacial, brouillé, peuplé de corbeaux bien réels, d’accusations tournantes, et de rebondissements si absurdes qu’on en oublierait presque que c’est du vrai.


Le pitch ? En 1984, un petit garçon est retrouvé mort dans une rivière des Vosges. Dès lors, c’est toute une vallée — puis toute une nation — qui sombre dans une spirale d’obsession collective, de juges dépassés, de journalistes carnassiers, et de familles disloquées.


La série documentaire de Netflix reprend cette affaire mythique avec un montage chirurgical, une ambiance pesante, et une voix off qui murmure plus qu’elle n’explique. Chaque épisode te laisse à la fois plus éclairé… et plus paumé.


Tu crois que t’as compris ?

– Boum, nouveau témoignage.

– Re-boum, retournement judiciaire.

– Et re-re-boum, un suspect que t’avais oublié revient par la porte de derrière avec une lettre et un alibi en carton.


C’est une plongée dans :

– La paranoïa rurale,

– Le cirque médiatique (bonjour FR3 en roue libre),

– Et la manière dont la justice peut parfois ressembler à une partie de Cluedo dans une salle de réunion sans fenêtre.


Tout le monde parle dans Grégory :

– Les avocats,

– Les flics,

– Les voisins,

– Les journalistes,

– Et ce fameux corbeau, qui écrit plus que certains auteurs publiés.

Mais au fond, personne ne sait vraiment. Et c’est ce flou qui rend la série aussi fascinante que frustrante.


Visuellement, c’est sobre, classieux, tendu comme un câble téléphonique dans le brouillard vosgien. Le rythme est bon, le montage sait où faire mal, et la BO, discrète, ne cherche jamais à en faire trop — contrairement à certains témoins de l’époque.


Au final, Grégory, c’est le récit d’un drame insoutenable, raconté avec retenue, sans voyeurisme, mais avec cette boule dans la gorge qui ne part jamais vraiment.

Une série sur un meurtre irrésolu… et sur tout ce qu’on détruit quand on cherche la vérité à coups de rumeurs et de micros.

CinephageAiguise
8

Créée

le 15 mai 2025

Critique lue 10 fois

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