“Ceux qui n'apprennent rien des faits désagréables de leur vie forcent la conscience cosmique à les reproduire autant de fois que nécessaire, pour apprendre ce qu'enseigne le drame de ce qui est arrivé. Ce que tu nies te soumet. Ce que tu acceptes te transforme.”.
CARL GUSTAV JUNG.
HBO n'arrêtera jamais de me surprendre par sa capacité à produire des séries d'une trempe phénoménale. Le Réalisme est ce qu'il y a de meilleur dans une œuvre, en l'occurrence dans une série. Bien développé dans une série, il l'élève à un niveau d'Excellence tout bonnement impressionnant : le cas de Half Man.
La phrase de GUSTAV JUNG sus-citée est la teneur de la série. La série explore l'impact des traumatismes d'enfance sur notre vie. Ces traumatismes non guéris ou inavoués balisent de la pire des manières l'itinéraire de notre vie. La série développe cela avec une pertinence ineffable, entre des jeux d'acteurs convaincants, et les flashbacks et flashforwards maîtrisés, afin qu'on comprenne parfaitement les thèmes développés au fil de l'évolution des personnages. Une fois de plus, les thèmes développés étant celui du rôle prépondérant de l'enfance dans la vie, des traumatismes inavoués et niés, et de la vie qu'on subit de par la conscience cosmique qui perpétue le cycle de la souffrance tant qu'on n'arrête pas de nier.
J'ai été particulièrement touché par l'intrigue sur Niall Kennedy, qui était prédisposé à un avenir rutilant, mais qui en proie à des fantômes de sa conscience ( notamment la reminiscence sempiternelle du procès), s'est retrouvé plus bas que terre. Ça illustre parfaitement cette vérité qu'on tend souvent à oublier : tout est sujet à un chamboulement ou basculement. Il ne suffit d'un rien !
Le jeu des acteurs est absolument incroyable. Ma déférence particulière à celle qui interprète la mère de Niall Kennedy : complètement irréprochable dans son interprétation. Chapeau bas aussi à JAMIE BELL dans le rôle de Niall et RICHARD GADD dans celui du déchaîné Ruben Pallister.
In fine, nous ne sommes tous qu'une moitié d'humain tant qu'on n'a pas encore consentis à accepter véritablement nos traumatismes et ensuite à entamer un véritable processus de guérison.