Une série d'une rare intensité psychologique!
Rarement une série aura atteint un tel niveau de violence psychologique avec un réalisme aussi cinglant. Après le choc de Baby Reindeer, Richard Gadd frappe une nouvelle fois très fort avec cette deuxième création.
Construite en flash-back et suivant ces deux "frères" depuis l'adolescence, la série nous happe. Gadd incarne un personnage d'une violence et d'une imprévisibilité saisissantes, dans une interprétation totalement habitée. Face à lui, Jamie Bell livre une prestation plus retenue, tout en nuances, mais tout aussi fascinante.
À la fois effrayants et parfois étonnamment attachants, les deux protagonistes entretiennent une relation profondément malsaine qui ne cesse d'évoluer au fil des années. C'est précisément cette ambiguïté qui captive : on ne les comprend jamais tout à fait, mais on ne peut jamais les quitter des yeux.
Richard Gadd confirme qu'il est un acteur prodigieux, capable de passer d'une émotion à une autre avec une facilité déconcertante. La dernière scène de l'épisode 6, où les deux hommes échangent leurs confidences derrière les barreaux, est à ce titre absolument fascinante et terrifiante.
Cette série est d'une originalité rare. Peu aimable, elle ne cherche pas à séduire le plus grand nombre et s'adresse avant tout à un public averti. Ce n'est pas une œuvre réellement "plaisante" à regarder, mais elle fascine par la singularité de son écriture. Richard Gadd plonge au plus profond de l'âme de deux hommes brisés et livre une exploration implacable d'une masculinité toxique, et de la recherche de son identité sexuelle, dont les blessures semblent impossibles à guérir.
Une œuvre atypique, radicale et profondément marquante, qui occupe une place à part dans le paysage sériel contemporain.