Han Doo‑jin (Kwon Sang‑woo) est un sergent de police affecté à une unité spéciale chargée de patrouiller le fleuve Han à Séoul, aux côtés de collègues comme Lee Cheon‑seok (Kim Hee‑won), Do Na‑hee (Bae Da‑bin) et Kim Ji‑soo (Shin Hyun‑seung).
Lors d’une opération de sauvetage, Doo-jin aperçoit Go Gi-seok (Lee Sang-yi), neveu du propriétaire d’une compagnie de croisière sur le fleuve Han, entreprise mêlée à un trafic d’or et à un complot impliquant un ancien ami, Baek-cheol.
Han Doo-jin est un policier impulsif, colérique, mais profondément intègre. Il agit vite, parfois trop, mais c’est un homme de terrain qui ne supporte ni l’injustice ni les compromis. Très vite, on comprend qu’il porte le poids d’un passé douloureux lié à une erreur tragique.
Do Na-hee est jeune, jolie, énergique et compétente. Plutôt vive et enjouée, elle dégage une certaine fraîcheur, mais reste plus décorative qu’opérante. On sent une volonté du scénario d’introduire une touche féminine sympathique sans lui accorder de véritable fonction stratégique.
Kim Ji-soo est le rookie de l’équipe. Un peu naïf, parfois hésitant, il compense par sa bonne volonté et sa sincérité.
Lee Cheon-seok (Kim Hee-won) est le partenaire expérimenté de Doo-jin. Placide, rationnel, un brin désabusé, il traîne une forme de lassitude mais reste loyal et solide dans l’action.
Han River Police avait deux atouts pour me tenter : un format court (6 épisodes) et Lee Sang-yi dans un rôle de méchant.
L’intrigue est rythmée (mais rien de bien original) les scènes d’action bien faites, mais je n’ai pas été captivée. Les romances sont à peine effleurées, les personnages vite esquissés. Et paradoxalement, ces six épisodes courts nuisent à la densité narrative. En fait, tout est archi classique.
La structure est convenue : un héros fougueux flanqué d’un collègue réticent, un jeune qui débute, une policière badass sur le papier mais absente dans les faits, un ancien ami passé du mauvais côté, et un méchant prêt à tout.
Ce n’est pas une mauvaise série mais elle est mal construite et loupe sa cible.
Première déconvenue : le fleuve Han.
La série n’exploite pas le potentiel de son décor. Elle s’oriente vers une intrigue policière très classique avec, en toile de fond, des touches de corruption et de rédemption. Mais l’histoire aurait tout aussi bien pu se dérouler dans un commissariat lambda.
Le fleuve, pourtant élément-titre, reste en arrière-plan. On entrevoit à peine les enjeux spécifiques liés à la navigation ou à la vie fluviale.
Deuxième faiblesse : le rythme et le ton.
Je n’ai pas ressenti de tension narrative. Aucun véritable enjeu dramatique ne m’a accrochée. Et non, le format court n’excuse pas tout : justement, il fallait resserrer le récit et entrer dans le vif.
La série ne trouve jamais son ton. Elle oscille entre des scènes comiques (qui ne m’ont même pas fait sourire) et des scènes d’action convenues. On coche les cases sans jamais creuser le sujet de base : le fleuve Han.
Rien à redire sur le jeu des acteurs. Lee Sang-yi est parfaitement convaincant en méchant. Il semble même plus impliqué que ne l’était le réalisateur ou le scénariste…
Quant aux personnages féminins ? Des potiches, malheureusement.
Bref, j’ai eu le sentiment de revoir une vieille série américaine de la fin des années 80… Un peu comme manger des pâtes sans sauce. Le genre de plat que je fais lorsque je rentre tard, claquée, parce que je n’ai plus de ramyeon dans le placard.
Han River Police se regarde sans déplaisir, mais laisse une impression de rendez-vous manqué.
À force de rester en surface, elle oublie d’explorer les profondeurs d’un décor pourtant riche de promesses.