L'organisation anglicane Hellsing affronte les responsables du pullulement des vampires artificiels au Royaume-Uni : les nazis du Millenium, bien décidés à faire régner le chaos. Le Vatican a bien entendu son mot à dire dans cette affaire et prépare une nouvelle croisade ...
L'atout majeur de Hellsing dans cet affrontement titanesque c'est Alucard, un vampire invincible aux pouvoirs inimaginables et aux origines tristement célèbres...
Des héros (ou plutôt anti-héros, à un stade extrême) forts en gueule et qui en imposent, des combats exagérément grandiloquents et quasi-apocalyptiques sur la fin, fulgurants et très chargés en explosions, des massacres mêlant gros calibres, membres qui volent partout et fontaines d'hémoglobine à haute pression, le christianisme et le mythe des vampires (de Vlad III "Tepes" à Bram Stoker) totalement passés à la moulinette de la japanime (c'est bien plus cool comme ça après tout), des fanatiques cinglés et armés jusqu'aux dents de tous les côtés avec des bishônen à leur tête, du fanservice (aah Victoria Seras!), les sempiternels nazis qui n'en finissent pas de ressusciter pour semer la destruction et un torrent de zombies ... On a même droit à quelques moments d'humour improbable voire surréaliste dans un style graphique beaucoup plus désopilant (Victoria qui dirige un cortège de retraités pour éviter un duel entre Alucard et Anderson et sauver un musée de la destruction, ou les esprits des flingues (?!) qui se mettent à interpeller leur propriétaire par exemple).
Le titre de la (très bonne) chanson d'ouverture de la première série c'était "Logos Naki World", monde sans rationalité, ça veut tout dire.
Pour faire simple, c'est LA série animée enfin digne du manga de Kohta Hirano, avec des graphismes d'une qualité infiniment supérieure à ceux de la série du studio Gonzo de 2001, ainsi qu'une histoire on ne peut plus fidèle au manga (mais là c'est parfaitement normal, vu qu'elle a eu le triple bénéfice de l'histoire plus avancée dans sa publication, de gros moyens et d'une durée de production bien plus longue, toujours en cours depuis 2006), elle est également plus sanglante et horrifique (les vampires et goules tombaient simplement en cendres au lieu de saigner dans la Gonzo) et, c'est notable aussi, bien moins politiquement correcte (Hirano est dessinateur de hentai à la base). La musique n'est pas en reste : plus guère d'acid jazz ou de soft-rock japonais mais une bande-son qui épouse bien la fulgurance des moments d'action, des accents classiques (magistral orchestre symphonique de Varsovie) et même quelques extraits d'opéras, de requiems et autres. Les oreilles seront servies.
La figure centrale, Alucard -devinez l'anagramme-, apparaît enfin sous son vrai jour, celui d'un enfant à la vie brisée devenu un souverain assoiffé de sang (un indice, il aime empaler), une abomination quasi-invulnérable domptée par la famille Hellsing et vouant son existence à la défendre, méprisant et sadique avec les ennemis qu'il juge inférieurs et profondément respectueux de ceux qui peuvent lui tenir tête, en plus d'être une figure héroïque ultra-charismatique et totalement hors du commun, constamment à la recherche de celui qui sera capable de le vaincre. Et Jōji Nakata est un dieu vivant du doublage.
Âmes sensibles s'abstenir, ce n'est rien de moins qu'un superbe opéra / ballet sanglant et infernal, et un peu comique aussi. Un pur délice dantesque.