His & Hers m’a laissé l’impression d’une série qui tourne en rond, étire son intrigue jusqu’à l’usure et accumule les faux-semblants au point de frôler l’absurde. Les doubles, triples, voire quadruples jeux de dupes finissent par donner moins de tension que de lassitude, comme si la série cherchait surtout à noyer le spectateur sous les retournements (improbables) plutôt qu’à construire une mécanique vraiment solide. À force, beaucoup d’éléments paraissent peu crédibles, en particulier tout ce qui touche à l’enquête : difficile de croire qu’un policier puisse laisser autant de traces contre lui sans être immédiatement inquiété, surtout quand sa collègue sait déjà tant de choses et dispose en plus de preuves.
Spoil : Le plus gros problème reste sans doute la logique même de certains choix de personnages, qui finit par casser l’adhésion. Le grand twist censé bouleverser la lecture de l’histoire paraît surtout invraisemblable humainement : l’idée qu’une femme puisse épouser tranquillement un homme dont la sœur a orchestré son viol, sans que cela n’explose ou ne soit affronté pendant vingt ans, dépasse franchement ce qu’on peut accepter, même dans un thriller. On sent trop souvent la main des scénaristes derrière les rebondissements, et pas assez la vérité des comportements.
Et comment peux t’on maigrir et changer autant sans que personne ne s’en aperçoive… alors que les deux protagonistes se connaissent depuis 20 ans.
Cela dit, la série n’est pas totalement ratée. Elle parvient assez bien à installer une ambiance, à immerger dans sa ville et à créer une curiosité réelle sur le fin mot de l’histoire, ce qui pousse à continuer malgré les lourdeurs. Certaines séquences fonctionnent, quelques idées sont efficaces, et il reste une envie de connaître la vraie fin. Mais cela ne suffit pas à sauver un ensemble trop répétitif, trop forcé et trop peu crédible. Au final, une série qui se regarde plus par inertie que par fascination.