Cette série est l’adaptation française par TF1 de la série britannique « The Fall » avec Gillian Anderson et Jamie Dornan. Une bonne série (18 épisodes) qui avait toutefois le défaut d’être trop longue et trop lente, avec une fin sanglante et en queue de poisson. L’ambiance y était poisseuse et tendue tout de même. La version française transpose la traque du tueur de Belfast à Lyon mais est surtout largement raccourcie puisqu’on passe à 10 épisodes de 50 mn. C’est donc toute la 3e saison de la version originale qui a été enlevée, ce qui n’était d’ailleurs pas le plus convaincant, avec une fin qui se traînait inutilement en longueur. C’est radical mais pourquoi pas après tout si ça donne plus de rythme ? Le problème est qu’en allant beaucoup plus vite, les personnages perdent en profondeur et en complexité ; le personnage du préfet par exemple joué par Jean-Hugues Anglade se résume ici à une ordure carriériste et corrompu là où le personnage original était autrement plus torturé (John Lynch). L’enfance du tueur dans un pensionnat catholique où les enfants subissaient des violences sexuelles se résume à quelques minutes du dernier épisode…D’où la nécessité de rajouter l’intrigue absente au départ qui touche la flic dont la sœur a été assassinée par son mari. Ensuite, ce qui a été gardé est du copier-coller de la version britannique, cadrage et dialogues compris pour la plupart des scènes, alors on finit par se demander à quoi bon cette adaptation puisqu’elle n’a aucune originalité…
Même les éclairs de violence qui surgissaient d’un coup dans « The Fall » ont été ici gommés, comme l’agression hyper brutale et inattendue de Stella Gibson (Anderson) par Paul Spector (Dorman) en pleine salle d’interrogatoire. Enfin, l’interprétation questionne : si Melvin Poupaud est parfaitement crédible et glaçant en tueur en série bon père de famille, dont on connaît l’identité dès les 1ères scènes, on ne peut pas dire la même chose d’Emmanuelle Seigner, bien transparente dans son rôle de flic. Elle peine vraiment à exister et semble faire le minimum. Gillian Anderson donnait une autre épaisseur à son personnage. Bref une adaptation loupée, même si la fin aurait probablement dû être celle de « The Fall ».