Voila une série qui a réussi à m’intriguer sur ses premiers épisodes jusqu’à ce que je tombe franchement dedans, enthousiasmé par cette approche relativement originale d’une histoire déjà mille fois contée. Récit éclaté autour de différents personnages, ambiance tranquille et intrigue qui prend son temps, l’intérêt grandissait au fur et à mesure que les signes étranges d’une invasion de bestioles venues d’outre espace s’accumulaient. L’angle était plutôt cool. Et patatras, il aura fallut qu’à mi parcours, un épisode idiot et inutile nous ramène sur les rails du déjà vu… A partir de ce « home invasion », je n’ai plus jamais réussi à retrouver l’excitation des premiers épisodes. Troquant l’inquiétante accumulation de signes épars pour des récits de traumas familiaux particulièrement vains et franchement hors sujets, la série abandonne toute ambition pour tricoter des petits récits convenus, bégayant sans génie les thèmes habituels de ces histoires intimes motivées par ces secrets familiaux qu’il s’agit de dépasser pour espérer atteindre une rédemption… Donc, le soldat américain ne pense qu’à son enfant décédé, la mère de famille cherche à protéger ses petits, les collégiens abandonnés se débattent dans leur éducations respectives etc… C’est pas forcément inintéressant, mais c’est une solution de facilité, une déviation des promesses initiales, plombée par une exécution médiocre et sans surprise. In fine, la résolution de tout ça, et le rebond vers une saison 2, sont exactement ce que j’attendais afin d’avoir aucun regret d’oublier de voir la saison 2. C’est dommage parce que techniquement c’était plutôt sympa, propre et bien foutu (je pense notamment à une flopée de plans franchement chouette), même si certaines séquences faisaient un peu pitié et trahissait les limites du budget (la fin de la partie en Afghanistan par ex). Sinon c’était globalement bien joué même si Golshifteh Farahani m’a assez vite saoulé avec son air constamment hébétée, semblant se réveiller d’une sieste ou d’un jet lag tout au long de la série... jusqu’à rendre son arc particulièrement laborieux.
Je peux pas plier ce petit texte sans évoquer l’escroquerie complète de « l’arc » avec Sam Neill. Est-ce que la crise du Covid a forcé la production à réécrire la série en cours de route, les forçant à faire des choix radicaux et à sabrer dans le récit, ou est ce que c’était voulu ainsi ? J’en sais rien du tout, mais en l’état, c’était franchement moche de nous appâter ainsi...