Les délires malins qu'a cru avoir Michael Youn (Parle à ma main, Fatal) ou que Guillaume Gallienne commettait avec une sincérité douteuse (Guillaume et les Garçons), ce que Borat et Bruno rataient finalement, tout ça est balayé par Ja'mie. Cette série australienne, à laquelle participe la filiale locale de HBO, suit la dernière année dans un prestigieux lycée privée de Ja'mie King.

Issue d'une famille immensément riche, elle s'arroge tous les droits et s'attend à ce qu'aucune barrière ne lui résiste. Entourée de son gang de ''quiche'', c'est-à-dire les filles atteignant l'au-delà du ''sexy'', elle revendique l'autorité morale et symbolique, en tant que pur produit de son milieu. Elle est aussi la quintessence de l'adolescente superficielle et égocentrique.

Obsédée par son image de fille modèle, incarnant la réussite et les valeurs chrétiennes, elle déverse sa mesquinerie ordinaire sans le moindre recul. Pendant les six épisodes, nous la verrons accabler sa mère dépressive, adopter un africain pour obtenir une médaille, se ridiculiser en privé pour parvenir à ses fins. Il y a en Jamie une nouvelle Divine en sommeil, une Divine romantique et cartmanisée.

Elle vomit ses schémas mentaux primaires et odieux, se veut élitiste tout en se dégradant continuellement, fait part sans ménagement de son racisme intégral, de son homophobie (les internes « lesbiennes » et campagnardes sont ses cibles favorites). Harcelée par des complexes grotesques ou pathétiques (elle se prétend par exemple ex-anorexique pour ses petits seins), elle se répand en projections.

Ja'mie est un personnage bigger than life reflétant en permanence des réalités objectives, tout en les condensant dans une seule fille, laquelle a les moyens de les exacerber. Chris Lilley, réalisateur et scénariste de la série, a l'habitude d'interpréter des personnages du sexe opposé ou des bouffons absolus. Il met ici toute sa lourdeur au service d'une caricature hilarante et très agressive, choisissant toujours les options les plus licencieuses et définitives. En d'autres termes, il passe de Elie Semoun à South Park.


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le 16 oct. 2014

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