[Attention spoilers]
Je suis moi-même surpris de mettre une note aussi élevée à Kill La Kill. Ce n'était pas gagné.
Non pas que je trouvais ça mauvais lorsque j'ai commencé la série, mais plutôt que je trouvais ça plutôt classique. À mes yeux, ce serait tout au mieux un bon anime comique bourré de baston où on peut juste mettre le cerveau de côté.
Et pour le coup, c'est pas non plus l'œuvre philosophique qui force une certaine évolution spirituelle, mais j'ai finalement beaucoup apprécié la plume de Kill La Kill.
Dans sa première partie, l'œuvre a tendance à mettre en scène des combats un peu faciles, voire inutiles. On en vient même à se demander l'intérêt de tout ça si ce n'est de juste faire la bagarre pour faire la bagarre.
Mais la seconde partie de Kill La Kill justifie assez bien toutes les actions de la première partie. Lorsque l'on commence à comprendre les intentions de Satsuki, tout devient clair : les combats n'étaient pas inutiles, ils étaient forcés pour entraîner une armée prête à combattre Ragyo et à récupérer des données sur les Kamui et les fibres vivantes. Et au fur et à mesure que le scénario avançait, il gommait tous points que je trouvais puérils ou inutiles.
Pour ce qui est du scénario en tant que tel, il faut malgré tout une assez bonne ouverture d'esprit ahah. Je ne sais même pas trop comment vendre cette oeuvre à mes amis...
- "C'est l'histoire de vêtements de l'espace qui veulent prendre le contrôle de l'humanité pour survivre et se reproduire. Alors, les humains sont contraints de devenir nudistes pour ne pas se faire bouffer par leurs vêtements et devenir des résistants."
À part ça, le scénario reste classique : les ennemies qui finalement se révèlent de la même famille, l'histoire qui part sur une volonté de venger un père défunt, le personnage faible qui prend en puissance à force de combats jusqu'à devenir le personnage le plus puissant de son œuvre...
On ne réinvente pas la roue, ce n'est l'œuvre qui vient casser les codes, mais elle respecte parfaitement ceux de sa catégorie. Pour le coup, Kill La Kill est très efficace dans sa catégorie. Juger cette œuvre parce qu'elle n'est pas profondément philosophique ou trop bourrine reviendrait à reprocher à sa voiture de ne pas flotter sur l'eau.
Kill la Kill est un shonen, plus précisément un nekketsu, et s'inscrit très bien dans son genre.
Pour ce qui est d'une interprétation plus personnelle de l'oeuvre, Kill la Kill m'a beaucoup fait rire. Mako et sa famille, les Nudist Beach, beaucoup de scènes étaient hilarantes. Les personnages sont tous intenses et absurdes ce qui crée nécessairement des scènes grotesques et comiques.
J'ai beaucoup apprécié le personnage de Ryuko. Son design est très cool, et j'aime bien ces personnages bourrins qui n'ont pas peur de dire merde quand l'envie leur prend (Revy de Black Lagoon, mon grand amour).
Enfin, une fois n'est pas coutume, je salue le travail de Trigger pour l'animation de cette série. Certains reprochent à Kill La Kill une animation parfois trop flemmarde. À mon goût, l'animation a servi l'anime. Kill La Kill ne serait pas Kill La Kill sans cette caractéristique visuelle.
Et puis je ne peux pas terminer cette critique sans mentionner les musiques. Que ce soient les opening ou les OST, nous avons eu droit à du très lourd. Le second opening est excellent, et Before my body is dry, bien que sorti un peu à tort et à travers est toujours efficace.
Comme je disais, Kill La Kill est donc une très bonne œuvre dans son genre. Beaucoup de personne ont mentionné l'aspect philosophique de l'œuvre, disant qu'elle met en avant la valeur de la liberté. J'avoue ne pas l'avoir beaucoup ressenti. Si je devais attribuer une valeur à cet anime se serait plutôt celle de la persévérance, mais je n'ai pas trouvé non plus cette œuvre inspirante dans ces valeurs comme un My Hero Academia qui donne envie de se taper un entrainement de 4h sur You Say Run, ou Violet Evergarden qui donne envie de dire "je t'aime" à tout le monde qui nous entoure.
Mais je me dis qu'il s'agit là que de ma sensibilité personnelle, et donc je refuse de le reprocher à l'œuvre.