C'est assurément une des toutes meilleures séries que j'ai vues. Quatre saisons, 32 épisodes, des acteurs au sommet de leur art, un scénario labyrinthesque mais cohérent, un suspens haletant et surtout un humour noir irrésistible. Sans lui, l'horreur des meurtres et des tortures, la personnalité psychopathologique des protagonistes serait insupportable.
Le personnage central est Villanelle, une tueuse psychopathe qui travaille pour une société occulte appelée Les douze. Villanelle est un poème chanté traditionnel (on en retrouve le nom dans la chanson de Georges Brassens, Supplique pour être enterré à la plage de Sète). Sa poésie est ici l'orchestration de meurtres selon des modalités sans cesse réinventées. Immature, instable, dépourvue d'empathie, elle est coaché par Konstantine, un espion russe doté d'une inébranlable fibre paternelle. Dans le camps adverse, le MI6 qui la traque elle et les douze : Eve Polastri, envoutante et profondément déstabilisée par Villanelle par laquelle elle prend conscience de son lesbianisme, et Caroline, une cadre haut placée dans la hiérarchie, calculatrice, qui manie avec brillo et constance l'art du mensonge et de la manipulation.
Rien de plus à dire sans spoiler. Ne pas hésiter à passer quelques soirées à s'immerger dans ce monde à la fois horrible et drôle (on n'est jamais loin de la farce), émouvant, avec des personnages complexes et fascinants. Toutes ces femmes tueuses dépourvues d'état d'âme... on est bien dans l'époque Me Too.