J’aime beaucoup Kylie depuis ses débuts et j’avais un peu peur que cette série en trois épisodes ne soit un peu trop lisse, trop calibrée. Il faut dire qu’elle a appris toute jeune à maitriser son image et qu’elle a reçu des tombereaux d’injures et de critiques violentes tout au long de sa carrière. Elle a donc appris à se forger une armure pour se protéger. Le 1er épisode avec ses débuts, m’a moyennement convaincu. On reste dans du très connu et convenu, avec le témoignage de Jason Donovan, sa sœur Danii et Pete Waterman, un des trois « gourous » ou « mentors » de Kylie qui formaient Stock-Aitken-Waterman, un trio tout puissant d’auteurs-compositeurs-producteurs qui écrivaient les tubes à la pelle (bien foutus reconnaissons-le) comme d’autres vendent de la lessive ou du dentifrice. L’artiste n’avait plus qu’à poser sa voix sur des musiques déjà enregistrées avec des synthétiseurs. Au niveau des confessions, on y apprend juste que Kylie déteste le bruit du papier froissé, c’est court ! Le 2e est plus intéressant avec la séparation nécessaire de ses producteurs du départ pour trouver sa propre voie et des années plus difficiles où elle a même pensé redevenir actrice. Ses albums se vendent beaucoup moins, ses singles ne passent que très peu en radio. C’est là qu’elle reçoit la proposition d’un duo avec Nick Cave.
Et le témoignage de Cave est, de loin, le plus intéressant et pertinent de tous les intervenants, sur la confrontation entre deux univers totalement différents. Cave raconte en souriant : « Kylie avait tout sauf la crédibilité. Les Bad Seeds avaient la crédibilité mais pas grand-chose d’autre ! ». Pourtant une histoire d’amour va en naître entre les deux artistes, grâce au morceau « Where the wild roses grow ». Ce titre va être un succès et on voit Cave invité à un marathon de la poésie au Royal Albert Hall en 1996 et il fait venir sur scène Kylie qui arrive avec un texte à lire, assez terrifiée devant ce public élitiste. La voilà qui lit les paroles de… »I should be so lucky » et elle remporte un triomphe ! Comme quoi 😊 . Cave lui a ouvert différentes portes et elle s’est mise à oser bien plus que par le passé. Chantant à Glastonbury en 2019, Kylie y a invité Nick comme un renvoi d’ascenseur. Le dernier épisode est aussi le plus émouvant puisqu’elle y évoque son retour fracassant avec « Spinning around » mais aussi le cancer du sein qui l’a touchée en 2004 et elle avoue même avoir vécu une récidive tenue secrète en 2021. Là, l’armure se fissure (un peu) et on sent une femme forte, résiliente et drôle aussi, capable de surmonter les coups durs et continuant de diffuser une pop efficace et dansante.