Qui a bien pu penser que, pour narrer intelligemment un faits divers extraordinaire, la bonne idée serait de le ramener à une banale enquête de police comme on en a déjà vu des centaines, centrée sur un commissaire taiseux et obsessionnel au profil ultra-stéréotypé?
Sans doute la population danoise, déjà largement informée par cette affaire Kim Wall, a-t-elle pu y trouver son compte ; mais l'ensemble des téléspectateurs internationaux, nettement moins au courant des faits, resteront frustrés devant cette enquête lambda éclipsant sans vergogne la victime, le coupable (que vous ne croiserez ni l'une, ni l'autre durant la série) et même la plupart des circonstances du crime... Autant dire que l'on s'ennuie ferme devant ces 6 épisodes fort longuets, découpés en micro-rebondissements (un épisode complet sur le travail des chiens!), sorte de long clip promotionnel pour les méthodes d'enquête modernes des polices danoise et suédoise.
On aurait vraiment aimé en savoir plus sur la personnalité perverse et hors-norme du meurtrier, quitte à tomber dans un certain voyeurisme et à alimenter une forme d'iconisation des criminels.
"Efterforskningen" vient ainsi démontrer que sobriété et authenticité entrent parfois en contradiction avec le spectacle télévisuel.