Commencer une série, c'est un contrat. Commencer une série HBO, c'était la quasi assurance d'une qualité, d'une proposition audacieuse, on faisait l'effort de rentrer dedans, sans a priori. Et on avait (souvent) raison.
La baffe de SHIELD, série de flics ripoux mêlés à la vie d'un commissariat, plein de saisons, atypique, mais audace jusqu'au boutiste.
Bref, on passait des séries de 26 eps dont la moitié de remplissage à des séries singulières. Et la caravane de l'Etrange, en une saison, explose de promesses, d'imagerie ésotérique, flirte avec le fantastique dans une crasse pauvre et désertique, des mystères Carnavalesques (lire ou écouter Pacôme Le Mage Roux de la Télé et du reste pour plus de détails).
Un univers solide, pesant sans être trop lent, le méchant de Highlander en prêtre des sectes dans des sectes, visions croisées, le nain de Twin Peaks parfait dans son rôle (sauf que la il parle à l'endroit) (je croyais que tous les nains parlaient comme dans TP, on me dit rien à moi!). Bref cette série m'a envouté à un niveau quasi Twin Peaksien.
Et en plus, cinq (ou 7) saisons annoncées!!!
... Puis HBO trouve que ça coûte trop cher, que finalement on va en faire que deux, et on a une série finie, mais à la pisse : bon, les méchants sont xxxxx, les autres sont, euh, morts, tiens. Voiiiiilàààà. Merci HBO!
Car on oublie trop souvent le nombre énorme de séries avortées, la malédiction Josh Weddon et Doll House, son Buffyverse, la sublime western galactique Firefly (qui a eu un cruel long métrage de conclusion qui pue le fiel) (c'est un peu la malediction du perso principal, Nathan Fillion et sa bonne tête, qui assure comme une bête et voit ses séries annulées au bout de deux saisons, un peu comme le taux de morts de Sean Bean, ou le mari dans Weeds qui s'avère souvent être soit déjà mort, soit mourir vite, soit être un fantôme), et à quel point c'était une norme commerciale, les séries pouvant assurer leurs promesses étant les exceptions.
La cruauté contemporaine est que l'on ne consomme plus pareil, on n'intègre plus les persos à nos vies, en 2 saisons de 8 épisodes, qu'un Lost ou qu'un Hero, où les épisodes sont pourtant extrêmement dense (le premier Hero avance sous emphets), parce que, bah, 26 eps, c'est trop, et les sidequests n'ont plus l'appeal originel. Et c'est dommage, mais après The Leftovers, je voulais reprendre Lost, et j'ai craqué (honte à moi)
Pourquoi parler de tout ça ? Parce que Lynch.
25 ans plus tard, il claque une saison qui fout tout le monde à genoux. Acteurs morts ? Tant pis lui ce sera un arbre et lui une bouilloire!
Et bien je rêverais qu'on fasse la même pour carnivale, tant que possible. Vu la pauvreté et le taux de mortalité de l'époque, ne plus voir les mêmes persos serait peu surprenant.
Reste à trouver un studio... En attendant, ma note excessive n'est pas pour le produit final, mais ce qu'il devait être.