Un agent secret se retrouve enfermé dans une étrange communauté isolée du monde. Face à des gardiens prêts à tout pour découvrir les secrets de sa démission, l'homme refuse de plier. Pour le Numéro 6, pas question de se laisser dicter sa vie, de finir sur une liste, ni de devenir un simple pion dans leur jeu.
Le reflet d'une époque
La série a été tournée dans les années 60, mais elle ressemble à un cauchemar par épisodes terriblement visionnaire. Le monde d'aujourd'hui est devenu un immense village à cause d'Internet. La monnaie unique comme l'euro rappelle les « unités de crédit » qui servaient à payer dans la série. Nos téléphones portables sont partout. La télé et la radio tournent désormais 24 heures sur 24 sans jamais s'éteindre, exactement comme dans le Village.
Les médias actuels diffusent une pensée unique et dictent la bonne parole, comme le faisait le Tally-Ho, le journal de la série. Cette société horrible et contrôlée fait froid dans le dos, car elle semble anticiper de nombreuses dérives de notre époque.
Genèse : pourquoi créer une série pareille ?
La grande question reste de quoi le héros s'est-il dépouillé ? Ce que le système lui reproche le plus, c'est de refuser de suivre le comportement de mouton de la société. Le Numéro 6 se retrouve totalement isolé. Face à lui, le spectateur essaie de recoller les morceaux de ce puzzle géant, qui fonctionne comme un miroir de notre propre existence. La quête du héros pousse surtout le spectateur à mener une profonde réflexion sur sa propre liberté.
C'est grâce à son statut de star obtenu avec la série Destination Danger que Patrick McGoohan a pu imposer ce projet. L'idée est née après une discussion avec George Markstein, qui lui avait parlé de vrais lieux secrets où l'on isolait les anciens espions. Mais l'acteur a refusé d'en faire une simple histoire d'espionnage. D'ailleurs, dans la version originale, les origines exactes du personnage restent floues. Il a préféré filmer une énigme et une allégorie. Le Prisonnier n'est pas du tout la suite de Destination Danger, les deux séries partagent juste le même acteur principal.
Les décors
Pour donner vie à son village imaginaire, Patrick McGoohan a choisi l'hôtel Portmeirion situé au pays de Galles. Ce lieu unique est l'œuvre d'un architecte visionnaire appelé Clough Williams-Ellis.
Coulisses et anecdotes
Patrick McGoohan s'est occupé d'absolument tout sur la série. Il l'a créée, produite, et il a même écrit et réalisé plusieurs épisodes. Mais à cause de son perfectionnisme, le tournage a accumulé beaucoup de retards et de dépassements de budget. C'est à cause de ces problèmes d'argent que la production s'est arrêtée définitivement au bout de seulement 17 épisodes.
Une fin marquante
La conclusion de la série a provoqué un immense scandale et une colère noire du public à l'époque. L'acteur et producteur a même été obligé de fuir la Grande-Bretagne à cause de cela. Beaucoup de téléspectateurs se sont obstinés à débattre de cette conclusion ouverte et déroutante. Pourtant, Patrick McGoohan s'étonnait de ces réactions et répétait que le véritable sujet de la série dépassait le simple cadre d'une enquête classique.
Série inoubliable
La conclusion s'impose d'elle-même : s'il y a bien un chef-d'œuvre à ne manquer sous aucun prétexte, c'est cette série. On dépasse ici le simple divertissement pour toucher à une création artistique exceptionnelle. Visuellement splendide et construite sur un scénario d'une incroyable richesse, cette œuvre reste un modèle inégalable dans l'histoire de la télévision.