J'ai pas lu le bouquin, mais je veux bien croire que Stendhal a une plume digne d'intérêt. Qu'il sait rendre vivante son histoire, mettre en scène correctement les scènes et les points nodaux de son narratif, montrer les causes des relations pour les rendre crédibles. Je veux bien croire ça, et ça en restera là, car aucune chance que je me tape son pavé.
Je dois croire aussi que cette adaptation télévisuelle, bien que médiocre au titre des technicités évoquées ci-dessus, nous raconte grosso modo la même histoire que le bouquin; et, en soi, force m'est de constater que je n'ai rien à foutre de cette trajectoire d'émancipation mondaine sur toile de fond socio-politico-religieuse d'un autre temps, pétri de conventions et de certitudes ridicules, d'affèterie et de futilités sacralisées à vomir de bêtise. Pas que cette toile fût plus vertueuse aujourd'hui, non, c'est juste l'absence d'élévation de l'oeuvre par rapport à ça qui rend grotesques ces petits personnages coincés dans leur absolu de pacotille.
Enfin, par-dessus le marché, c'est pauvrement dirigé, donc mal joué (niveau téléfilm, quoi), avec une mention spéciale pour Victor Belmondo qui est une vraie patate. Désolé pour lui, mais c'est terrible une telle faiblesse de jeu. Faut-il supposer que personne dans son entourage n'a les couilles de lui dire qu'il doit changer de métier ou apprendre à le faire correctement?
Bref. Pour ceux qui se le demandent, le rouge c'est l'habit de soldat et le noir celui de prêtre. Sans doute deux parmi les fonctions convenables accessibles à un pauvre type pas assez bien né. Qui pourtant porte pour un temps, dans son parcours, l'habit bleu de la noblesse. Donc factuellement, c'est plutôt "Le rouge, le bleu et le noir", ou "Bleu blanc noir", mais ça fait drapeau, donc con. Bon disons, pour résumer: "Courte vie d'un jeune homme de basse extraction, qui voulait bouffer à la table des grands en arriviste égoïste".