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La mini-série Peacock prend au sérieux sa responsabilité de témoigner. Mais le poids d’une mission aussi noble peut aussi devenir un fardeau : malgré la romance touchante en son cœur, Le Tatoueur d'Auschwitz ressemble davantage à un moyen de transmettre un message urgent qu’à une histoire dans laquelle on se laisse emporter pour elle-même.
C’est une chronique sobre d’un amour entouré de mort qui, du fait même de son sujet, se révèle plus éprouvante que divertissante. Le rythme est lent, ce qui laisse penser que le récit aurait peut-être mieux fonctionné sous la forme d’un long métrage compact plutôt que d’une mini-série étirée, dont tous les épisodes sont désormais disponibles en streaming sur Peacock.
Dans l’ensemble, la série souffre toutefois de quelques défauts, notamment une bande-son envahissante (signée Hans Zimmer). Plus important encore, le récit est affaibli par un mauvais choix de casting : dans le rôle du jeune Lali, Hauer-King s’investit, mais ne parvient pas totalement à faire sentir le conflit intérieur complexe de Lali, contraint de trahir les autres pour survivre. Et, du moins à mes yeux, il ne ressemble en rien au Lali plus âgé, bien interprété par Harvey Keitel, qui réussit à faire remonter la honte de son personnage.
Le moment le plus bouleversant reste toutefois les images du véritable Lali Sokolov, alors à la fin de ses quatre-vingts ans, qui s’effondre en évoquant les horreurs d’Auschwitz. Cela arrive à la fin du dernier épisode, peu avant qu’une nouvelle chanson de Barbra Streisand, « Love Will Survive » (créée spécialement pour la série), ne démarre. C’est immensément puissant. Dommage que cette série soignée mais parfois trop sentimentale ne compte pas davantage de moments de cette force.
« Le Tatoueur d'Auschwitz » met pleinement en scène la dichotomie de l’esprit humain, montrant à la fois la possibilité de l’amour et l’inimaginable monstruosité que la haine peut engendrer du moins, si l’on parvient à regarder la série jusqu’au bout.
Créée
le 23 févr. 2026
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