7
le 13 juin 2025
SuivreVery cold cases
On connait Miséricorde, ce célèbre polar de Jussi Adler-Olsen qui a lancé la saga du Département V, avec cette équipe bancale (et blessée) chargée de rouvrir les dossiers des enquêtes non résolues...
Voir la série
Une fois passée la séquence d'introduction en bodycam, assez immersive et innovante, la série reprend et assume complètement l'ambiance des polars scandinaves, où la météo, l'architecture et les populations entretiennent des rapports hostiles avec notre protagoniste principal. Pour s'adapter à la couleur locale, la série souligne l'évidente — et presque cliché — dynamique d’amour-haine entre l’Anglais Morck et ses collègues écossais, et magnifie parfaitement ce modèle de brutalisme teinté d'une chaleur très seventies qu’est le bâtiment dans lequel se situe le commissariat. L’intrigue repose sur des éléments classiques : un enquêteur intelligent mais marginal, qui entretient des rapports conflictuels avec sa hiérarchie et ses collègues, et se complaît dans une forme d’isolement autodestructeur. Par une sorte de relégation, on lui confie une enquête oubliée — ce qui fait d’ailleurs écho à la tendance actuelle de remettre les cold cases à l’ordre du jour, y compris dans la vie réelle. Morck se retrouve adjoint de deux autres « chiens égarés » : Akram, immigré syrien et ancien policier au passé bien plus trouble qu’il ne le laisse entendre ; et Rose, coincée à un travail de bureau depuis un incident mortel traumatique. Morck doit en plus digérer sa responsabilité dans le décès d’un collègue et la paralysie d’un autre, tout en essayant de retrouver un chemin de communication avec son beau-fils en pleine période rebelle adolescente.
Les Britanniques font-ils de bons polars scandinaves ? D’un point de vue technique, on est à un très bon niveau. Grand bravo au chef décorateur pour le travail de fond, ainsi qu’au costumier — il y a vraiment une ambiance particulière et incroyable. Le casting est aussi très bien pensé. Ça nous change de voir un Matthew Goode dans un rôle un peu moins guindé et aristocrate, quelque chose de plus pragmatique, plus terre à terre, même si, bien sûr, il vire un peu dans le cliché. On adore aussi Leah Byrne (Rose) et la lumineuse Kelly MacDonald (la psy) , mais mention spéciale à Alexej Manvelov qui incarne Akram et à Aaron McVeigh qui joue Jasper, le beau-fils de Morck, qui, même s’il apparaît peu au final, offre une palette assez impressionnante : de la rage passive-agressive à une vraie inquiétude et à une envie de connexion.
Sur l’intrigue en elle-même, on est dans un entre-deux d’une familiarité surprenante. C’est construit de la même manière que bon nombre de polars nordiques. Les grands codes sont conservés, ça reste dans les sentiers battus, mais il y a ce qu’il faut pour nous tenir en haleine et donner envie de voir la suite — notamment grâce à une très bonne construction des personnages. Les scènes psychologiques entre Morck et Hardy, la culpabilité entre eux, la violence qui effleure sous la surface d’Akram, la relation de co-dépendance entre Morck et Jasper…le bémol est certainement Meritt, et par extension son frère, ce qui est gênant vu leur rôle central. Une fois qu’on a percé le gros du mystère, il y a une vraie baisse de rythme, renforcé par le peu d’empathie que suscite le personnage de Meritt. Plus l’enquête progresse, donc plus on apprend sur elle, paradoxalement, moins on s’y intéresse. Un peu dommage.
On peut aussi regretter un véritable lissage, la série clairement plus policée et soft dans sa représentation de la société et des crimes qui peuvent en émaner. Cet aspect presque plus naïf contraint à une certaine artificialité des rapports, et on peut regretter la aussi le style plus direct des danois et des suédois. Sans trahir ni grandir le genre, la série trouve sa place. Je ne sais pas si une deuxième saison, comme la fin ouverte peut aisément préfigurer, pourra conserver la même intensité, le trauma initial étant à la fin bien débloqué.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleures séries de 2025
Créée
le 15 juil. 2025
Critique lue 24 fois
7
le 13 juin 2025
SuivreOn connait Miséricorde, ce célèbre polar de Jussi Adler-Olsen qui a lancé la saga du Département V, avec cette équipe bancale (et blessée) chargée de rouvrir les dossiers des enquêtes non résolues...
3
le 5 juin 2025
SuivreIl est troublant, presque vexant, de constater à quel point cette œuvre, qui se targue d’embrasser la noble tradition du polar nordique, ne fait que trahir son essence la plus élémentaire. Ce que...
8
le 4 juin 2025
Suivrele 4 juin 2025
Grand fan des romans policiers du danois Jussi Adler-Olsen et des 4 premières adaptations cinématographiques, celles avec Nikolaj Lie Kaas et Fares Fares, après visionnage, je trouve que la série n'a...
3
le 15 mars 2025
SuivreDès les premières minutes de À Bicyclette !, quelque chose cloche. On ressent un malaise, une impression de flottement, comme si le film ne trouvait pas son équilibre. L’histoire semble pourtant...
3
le 4 déc. 2023
SuivreJe ne connaissais pas le manga original, mais j'avais beaucoup apprécié Monster et 20th Century Boys, et la note de 8 à l'époque sur senscritique avait éveillé ma curiosité. Pluto nous plonge dans un...
3
le 10 juil. 2020
SuivreLa bonne épouse est pour moi un résultat vraiment décevant. La bande-annonce promet une comédie qui tire vers la satire, le sujet du film étant les écoles ménagères dans les années 60, juste avant...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème