A la sortie de ce drama, je me suis demandé si on était pas à la limite de l'escroquerie. Pourquoi? Parce que le split entre les deux époques séparées de 22 ans ne sert strictement à rien, sauf à induire en erreur et maintenir un faux suspense. En effet ce que vous allez voir dans le passé n'a aucune incidence sur les élèvements présents, les deux affaires n'étant pas liées, et ne se déroulant pas dans le même lieu. Le seul point commun c'est l'emplacement géographique qui relie les deux affaires. On pourra rattacher la fliquette qui a pris du galon et ça s'arrête là. C'est assez dur de passer après l'excellente critique d'Eric, parce qu'il a relevé bons nombres de points intéressants. Cette mini série n'a rien de novatrice, elle s'inspire fortement d'un film que j'avais vu dans les années 80 et dont j'ai perdu le nom, ainsi qu'un double épisode de la Twilight Zone ou de Au delà du réel, datant également de la même époque.
Déjà, il est à souligner que le plot que la plupart des sites propose est archi faux. Non, en 2002 Koo Sang-Jun(Yoon Kye-Sang) ne tient pas le même établissement que Jeon Yeong-Ha(Kim Yun-Seok) 22 ans plus tard. Les deux affaires ne sont aucunement liées. Le premier tenait un Motel tandis que l'autre tient un gîte à quelques kilomètres de là. Dans le passé le Motel avait dû fermer faute de clients, du fait d'un tueur en série qui avait commis un acte atroce en son sein. Quant à Yeong-Ha, il sera confronté à une inquiétante cliente angoissante, Yoo Seong-A( Go Min-Si) dont il regrettera d'avoir croisé le chemin, mais surtout de ne pas avoir agi en conséquence quand il était encore temps. Le trait d'union entre les deux affaires est la policière Yoon Bo-Min(Lee Jung-Eun) qui avait participé à la première enquête à l'époque, c'est tout.
Premièrement, il à souligner qu'il n'y a absolument rien de coréen stricto sensu dans ce drama qui aurait pu aussi bien se dérouler aussi bien dans la forêt canadienne ou suédoise. Ce qu'il est à retenir également, c'est que ce qui s'est déroulé dans le passé ne s'avère que peu intéressant et pertinent, contrairement aux événements présents. Et il va falloir attendre le 6eme épisode pour voir les deux temporalités se rejoindre. De ce fait, et hormis les deux premiers épisodes qui nous entraînent sur de fausses pistes en jonglant entre les deux époques, rapidement c'est un sentiment d'ennui qui va nous envahir, un comble pour un drama Netflix dont le cahier des charges impose des épisodes courts et une trame concise. La vraie histoire se déroule à l'époque actuelle et contrairement à ce que j'ai pu lire, elle est plutôt simple à comprendre, puisque l'histoire met en scène une psychopathe qui a tué pour se débarrasser d'un "colis" qui commençait à la fatiguer, et se redonner du plaisir à l'ouvrage vu qu'elle est artiste peintre. Heureusement que les trois derniers épisodes viennent sauver la série du naufrage.
Créer un climat anxiogène, mystérieux c'est bien. Mais pour que cela tienne sur la longueur, il faut que le scénario soit étoffé, ce qui n'est malheureusement pas le cas ici. Ceux qui ont un faible recul cinématographique pourront y trouver leur compte et encore. Le problème c'est que ce drama n'a rien d'original, contrairement à la manière de filmer et à la réalisation que j'ai trouvé vraiment bien. Le réalisateur connait son métier, et j'ai envie de dire encore heureux sinon j'aurais mis un point de moins. Le cadre champêtre et bucolique contraste avec les faits qui s'y déroulent. Mais je suis venu pour une histoire cohérente et avec des gens qui ont la lumière à tous les étages (je parle des gens sensés être normaux dans la série). En définitive c'est beaucoup trop long pour ce que ça raconte, on brode pour rien et on ajoute des scènes inutiles. C'est frustrant parce que vers la fin, on rassemble tous les éléments tangibles, avec un rythme soutenu, et des séquences marquantes. Enfin du suspense! Mais le final est trop prévisible et téléphoné, avec aucune prise de risque. C'est un peu con pour une série qui se veut être un thriller d'épouvante avec des rebondissements.
Ce qui m'a gêné dans l'histoire en dehors du premier arc narratif inutile et préjudiciable, ce sont certaines personnes qui n'ont pas des réactions normales, notamment ceux de l'histoire se déroulant dans le présent. Si Koo Gi-Ho mettra plus de 20 ans à réparer son erreur du passé (excusable car c'était un enfant harcelé) en se comportant comme un homme, Yeong-Ha apparaît finalement comme un lâche et un égoïste. Seong-A devient un personnage central du fait de sa passivité. Dans l'ensemble le drama va tourner principalement autour d'un affrontement entre la diabolique Seong-A et Yeong-Ha qui va finir par sortir de sa léthargie pour enfin passer à l'action, mais seulement lorsque sa famille va être en danger. Comme pour Eric, j'ai senti Kim Yun-Seok très moyen, avec des expressions limités, tandis que Go Min-Si fait tellement bien le job (désolé Eric^^) que j'ai eu envie de l'étrangler de mes propres mains. Il est à préciser que certains passages sont assez gores et violents, vous voilà prévenu. A noter que pour une fois le titre français ou international est mieux que le vrai titre qui est "The Frog" car il est à double sens.
Le seul vrai message qui ressort des Silences de la forêt est de savoir à partir de quel moment est-on capable de franchir le point de rupture et de devenir une autre personne afin de protéger son entourage du mal. Faire preuve de résilience c'est bien, mais preuve d'abnégation avant qu'il ne soit trop tard peut être aussi l'ultime solution. Pour ma part je reste sur ma réserve, car les deux temporalités et leur jonction ne sont finalement qu'un simple prétexte pour faire basculer l'histoire dans la violence pure et la folie destructrice. Il y a trop de scènes rocambolesques, sans queue ni tête et qui n'ont rien à faire dans la narration, c'est vraiment dommageable. Pour nous européens, la grenouille n'a aucun sens, mais dans la culture coréenne c'est tout le contraire, mais ça Netflix ne le sait pas. Ce drama aurait dû être un téléfilm ou bien se focaliser uniquement sur les actions du présent en donnant un vrai sens aux agissements du héros et de son antagoniste. Dernière chose, c'est qu'on aura aucun background sur le personnage de cette psychopathe, hormis le fait que c'est une petite fille gâtée pourrie de riche, dont le père finira par avoir raison de ses agissements.
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