Bon, il faut être équitable : il y a du bon et du mauvais dans toute œuvre, mais dans celle-ci, comme pour l'âme du héros de Dans la peau d'une blonde, difficile de choisir entre un aller simple pour l'Enfer ou une petite place au Paradis. Pourquoi une référence aussi rase-motte ? Eh bien, disons que cette petite série sympathique ne vole pas bien haut non plus. Du côté des bonnes idées, le pèlerinage de l'un de nos contemporains dans le Manchester de 1973. Ça ne rajeunit personne, mais comme une madeleine de Proust, ça ressuscite tout un tas d'ambiances et d'objets qu'on avait presque oubliés : les papiers peints d'épouvante, la fumée de cigarette omniprésente, les propos politiquement incorrects à chaque phrase, les pattes d'ef, les chemises trop ajustées, les rouflaquettes et les bagnoles à la Starsky et Hutch. Marrant. Pendant que j'en suis aux points positifs, mentionnons également l'arche longue : la résolution finale, in extremis (parce qu'on l'oublie tout à fait dans les 6 épisodes centraux...), d'une problématique familiale pour le héros. Et aussi la présence-éclair de la Kalinda de The Good Wife quand elle débutait, c'est toujours rigolo de retomber sur une tête connue a posteriori. Voilà pour le Paradis. L'Enfer, ce sont ces plans sans queue ni tête qui font apparaître et disparaître les protagonistes dans des espaces mal définis, du genre ils se quittent à la sortie d'une pièce, le héros discute dans le couloir attenant avec une secrétaire, et qui déboule de l'autre côté dudit couloir ? Je vous le donne en mille, les gars qu'il avait laissés derrière lui. Si on fait la part belle à la téléportation, ça peut fonctionner, mais, que je sache, en 1973 à Manchester, personne ne maîtrisait vraiment cette technologie avant-gardiste. Donc il faut faire abstraction d'un certain nombre de couleuvres ( dont le jeu de l'acteur principal, pas tellement subtil ni varié...) pour vraiment se régaler, sans non plus pouvoir vouer cette petite série aux gémonies. Ça se tente, en somme, considérant que ça a presque 20 ans déjà.