Lighter, c’est Li Xun (Chen Feiyu) et Zhu Yun (Zhang Jingyi) est Princess.
Entre eux, la relation, contrairement à ce que j’ai pu lire, n’a rien de toxique. Li Xun n’est ni un pervers ni un manipulateur. Il est blessé, amer, mais droit, ferme, orgueilleux, hautain et arrogant, convaincu de sa supériorité sur bien des plans. Zhu Yun vient à lui parce que le feu qui le ronge et qui, paradoxalement, lui permet de vivre, la fascine.
Commençons par lui, Lighter. Li Xun est meilleur que tout le monde, sans véritable faille, à l’exception du sport, détail ici parfaitement anecdotique. Rien ne lui échappe. Li Xun se consume, Zhu Yun veille. Mais dans la culture chinoise, le feu n’a pas la même connotation que chez nous : s’il est nécessaire, il est aussi dangereux et, surtout, il n’existe jamais seul. Entre eux, l’amour n’a rien d’un éclat spectaculaire : c’est un feu fragile, transmis, parfois brisé, que l’on choisit malgré tout de ne pas laisser s’éteindre. Zhu Yun veille comme le « chevalier » auquel elle fait référence, mais pas le chevalier de notre imaginaire médiéval. Ce chevalier-là veille, attend et ramasse. Elle reste quand il se ferme. Zhu Yun est une princesse parce qu’elle est belle, issue d’un milieu aisé, inatteignable pour Li Xun, mais elle veille sur son valet.
La première partie jusqu’à l’épisode 18, pose ainsi des bases que l’on comprend très vite et qui fonctionnent sur un schéma classique. Sans aucun spoiler, le début annonce déjà la rancœur tenace de Li Xun. Puis, nous assisterons ensuite au rapprochement de Zhu Yun et de Li Xun.
L’exigence qu’il a envers elle est à la mesure de sa solitude : Li Xun est une flamme enfermée dans un briquet, et un briquet ne s’allume que si on l’actionne. Il ne sait aimer qu’à condition d’un engagement entier. Pour Zhu Yun, c’est plus complexe : s’engager n’est pas un élan, mais une promesse à tenir, inscrite dans un ordre familial et social dont elle ne peut faire abstraction.
Mais il faudra attendre la bascule de la deuxième partie, à partir de l’épisode 20, pour que la série prenne véritablement une autre direction.
La troisième partie, qui prolonge le premier épisode, est sans doute celle qui m’a le plus intéressée, car elle pose la question essentielle pour laquelle on regarde cette série : vont-ils se remettre ensemble ? La narration distille alors quelques indices, ici ou là, sur ce que chacun ressent encore pour l’autre.
Les points négatifs maintenant.
Tout d'abord, les 36 épisodes sont bien trop nombreux pour une série où 24 auraient été suffisants. La série aurait gagner en densité et en justesse. La réalisation reste classique, convenue, parfois plate, avec une photographie assez froide qui évoque par moments une esthétique presque soap-opéra. Le rythme, surtout, est lent.
Ensuite, les antagonistes. Là encore, cela s’inscrit dans la continuité de ce qui précède : si Li Xun n’avait pas été aussi brillamment surplombant, et si une place réelle avait été laissée aux autres, une histoire de vengeance plus nuancée aurait été possible. Gan Jiang Hong et Xu Lina n’avaient pas besoin, chacun, d’être enfermés dans un amour solitaire aussi schématique.
Ce n’est pas une romance spectaculaire, mais une histoire de transmission de la douleur et de réparation lente. Une série qui parle d’orgueil, d’échec et de reconstruction. Il est regrettable que la série n’ait pas su mieux construire sa toile de fond, en offrant à ses personnages secondaires une écriture plus nuancée. Elle est maintenue à bout de bras par le jeu de Chen Feiyu et Zhang Jingyi, qui s’opposent et se complètent avec justesse. Chen Feiyu dégage un magnétisme discret mais réel, pétri d’exigence intérieure, auquel Zhang Jingyi répond par une chaleur sincère.
Si je m’arrête à 7, c’est parce que la série repose presque exclusivement sur ses deux héros, au point d’appauvrir tout ce qui les entoure : d’anciens amis deviennent des ennemis non pour ce qu’ils sont, mais pour ce qu’ils représentent socialement, et la blessure fondatrice de Li Xun, pourtant essentielle, n’est réellement incarnée qu’à de rares moments-clés, trop tardifs ou trop bricolés pour équilibrer durablement le récit. Mais l’alchimie entre ces deux là est si belle que je lui accorde un point supplémentaire.
L’OST, en revanche, est très belle, mais son utilisation souligne aussi les limites de la mise en scène : elle accompagne et enjolive de longs plans sous la neige et de nombreux ralentis, renforçant parfois un effet de roman-photo soigné, plus décoratif que véritablement narratif.
Au final, une série qui sait allumer la flamme mais qui peine à la faire durer.