Links The Sun
5.8
Links The Sun

Émission Web YouTube (2010)

Pour comprendre la chute de la chaîne LinksTheSun, il ne faut pas l'attaquer méchamment, mais plutôt observer l'apparition d'un vrai blocage dans sa façon d'analyser.

​Voici pourquoi et comment, selon moi, sa chaîne a fini par perdre complètement de son intérêt.


Vidéos devenues interminables

​Le 1er gros défaut de la fin de sa chaîne était son incapacité à faire court. On peut au moins lui reconnaître que ses anciens formats allaient droit au but avec un bon rythme. Sur la fin, ses vidéos devenaient beaucoup trop longues. Une analyse qui lui prenait 15 minutes en 2015 finissait par s'étirer sur 2, voire 3h.

​Ce n'était pas parce qu'il allait plus au fond des choses, mais parce qu'il n'arrivait plus à aller à l'essentiel. Il se perdait dans de longues parenthèses et des justifications sans fin qui noyaient totalement son propos. En voulant toujours tout décortiquer, il confondait la quantité de mots et la qualité de l'analyse.


Obsession de ne froisser personne

​LinksTheSun était devenu prisonnier de sa peur de choquer. Sa nouvelle façon de voir les choses l'obligeait à anticiper la moindre petite critique que son public pourrait lui faire.

​Résultat : son discours était alourdi par d'interminables avertissements. Avant même de donner son avis, il passait 10 minutes à s'excuser, à préciser pourquoi il avait le droit d'en parler et à rassurer tout le monde sur ses bonnes intentions. Cette prudence extrême tuait toute spontanéité et toute trace d'humour. Ses vidéos ressemblaient aux discours d'un avocat terrifié, cherchant surtout à désamorcer des polémiques qui n'existaient même pas.


Juger l'art uniquement avec la morale

​C'était sûrement le plus gros problème de ses dernières années : il ne jugeait plus vraiment les œuvres d'art, il vérifiait juste si elles étaient moralement acceptables.

​Il n'analysait plus la beauté, le rythme, la musique ou l'émotion d'une œuvre. Il passait tout à la loupe pour voir si le message était bien progressiste, s'il n'y avait rien de "problématique", ou si l'auteur pensait "comme il faut". En jugeant l'art uniquement sur ces critères militants, il passait à côté de la nuance ou du simple plaisir esthétique. Ses conclusions devenaient alors très prévisibles selon l'artiste dont il parlait.


Un ton donneur de leçons en décalage avec son passé

​Son ton avait totalement changé. De passionné un peu râleur, il était devenu un prof parfois perçu comme méprisant. Il donnait des leçons de morale très strictes, ce qui créait un gros malaise quand on connaissait son passé sur YouTube.

​Pendant des années, il avait bâti son succès en se moquant cruellement de chanteurs pour ados ou d'artistes populaires, avec une mauvaise foi totalement assumée. Le voir ensuite jouer au juge parfait et ultra-bienveillant sonnait faux. Ce passage du "méchant" d'hier au grand moralisateur d'aujourd'hui donnait souvent l'impression qu'il jouait un rôle pour se faire pardonner ses anciennes vidéos.


Enfermement dans une bulle

​Sur la fin, avec ses lives notamment, il s'était enfermé avec un public qui pensait exactement comme lui. En restant entouré de gens déjà convaincus par ses idées, il ne confrontait plus ses opinions. Comme j'avais pu le voir avec le cas de Tolkien (auteur paraît-il "raciste" !) lors d'un live, d'énormes erreurs ou de très mauvais raccourcis pouvaient être dits dans les commentaires sans qu'il ne les corrige, du moment que cela allait dans le "bon sens". Cet entre-soi tuait l'esprit critique qu'il voulait pourtant mettre en avant à ses débuts.


​En conclusion, le plus gros reproche que l'on pouvait faire à LinksTheSun n'était pas de dire qu'il était devenu "woke" (mot trop vague de toute façon), mais de constater qu'il avait étouffé le critique en lui pour devenir un simple conformiste au sein de sa propre petite communauté. En remplaçant la passion par trop de précautions, le bon rythme par de longues détours, et le côté artistique par la morale pure, il avait transformé une chaîne dynamique et amusante en de longs cours universitaires, mais sans l'attrait ni la vraie rigueur qui vont avec.


P.S. : Je parle de lui au passé car il a officialisé l'arrêt des videos sur sa chaîne principale il y a 3 semaines.

vongoethepa
1
Écrit par

Créée

le 27 avr. 2026

Critique lue 54 fois

vongoethepa

Écrit par

Critique lue 54 fois

2

D'autres avis sur Links The Sun

Links The Sun

Links The Sun

1

Omnilink

11 critiques

Summum du néant

Oui, Ce mec est la caricature du geek sur internet, ok je vais attaquer le physique mais oui ça commence par la, finalement la lumière est plus rapide que le son non ? Puis quand dieux parle, le son...

le 23 avr. 2016

Links The Sun

Links The Sun

1

Ayllich

92 critiques

Il faut des vidéos médiocres pour les gens médiocres

Il faut être clair deux secondes, ce type est un con, juste un con. Je ne comprend pas comment on peut être aussi aveuglé par sa propre nullité intellectuelle. C'est affligent !Linksthesun est juste...

le 29 juil. 2022

Links The Sun

Links The Sun

1

GoguesSales

66 critiques

Critique de Links The Sun par GoguesSales

Je suis étonné qu'il parvienne à rester aussi gros alors qu'il ne peut vraisemblablement pas se retenir de chier son avis à chaque sortie d'un nouveau son de Maître Gims. Le premier youtubeur...

le 19 févr. 2018

Du même critique

Le Grand Remplacement

Le Grand Remplacement

9

vongoethepa

29 critiques

Chronique d'une Dépossession

Une prose d'une exigence rareL'une des forces ce livre réside dans la qualité de sa plume. Renaud Camus est un écrivain de tradition classique. Son usage d'un français châtié et précis n'est pas...

le 4 mai 2026

Antisocial

Antisocial

1

vongoethepa

29 critiques

Diagnostic clinique, rapide et sans anesthésie

"Antisocial" de Trust, c’est la quintessence de la rébellion en carton.​La musique : Du sous-AC/DC commandé sur Wish, joué avec la délicatesse d'un tractopelle. Efficace, certes, mais musicalement...

le 21 avr. 2026

Pas son genre

Pas son genre

5

vongoethepa

29 critiques

Le mystère Jennifer

Le film "Pas son genre" (2014) de Lucas Belvaux ressemble à une comédie romantique amoureuse, mais il montre surtout avec dureté que les différences sociales sont difficiles à surmonter. L'histoire...

le 30 mai 2026