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le 17 oct. 2026
SuivrePépite d'horreur Frenchy
Je suis un grand fan d'horreur, un grand fan de courts métrages horrifiques et, du coup, un immense fan de la série de films V/H/S. Forcément, une série française appelée Lost Media, accompagnée...
Je suis un grand fan d'horreur, un grand fan de courts métrages horrifiques et, du coup, un immense fan de la série de films V/H/S. Forcément, une série française appelée Lost Media, accompagnée d'une petite participation de Feldup, qui a largement contribué à mettre en lumière l'horreur d'Internet, franchement, ça cochait toutes les cases pour que je fonce dessus. Et quelle joie !
J'ai bouffé tous les épisodes les uns après les autres, je me suis régalé, mais...
Je peux voir beaucoup de critiques négatives et j'aimerais, du coup, envoyer un peu de force à cette petite pépite qui, malgré ses imperfections, mérite franchement qu'on s'y intéresse.
Mais déjà, je pense qu'il faut répondre à l'invective classique « Ça fait même pas peur ! »
Horrifique ne veut pas forcément dire que vous allez avoir peur. Ça joue avec le sentiment de bizarrerie, d'effroi, de malaise, il y a mille et une subtilités là-dedans et ça s'apprécie différemment. Par exemple, une série humoristique ne va pas forcément provoquer l'hilarité, mais au moins un amusement, et c'est déjà ça !
Il y a des émotions diverses et variées, et Lost Media est capable de provoquer la peur, l'inquiétude, la crainte et surtout la curiosité.
C'est d'ailleurs ce que je trouve un peu dommage dans certaines critiques du genre horrifique. On voudrait toujours mesurer la réussite d'une œuvre au nombre de fois où elle nous a fait sursauter ou ressentir une véritable trouille. Mais l'horreur, ce n'est pas uniquement ça ! Personnellement, je peux prendre énormément de plaisir devant quelque chose de profondément étrange, sans jamais avoir réellement peur. Et c'est justement une grande partie du charme de cette série.
On voyage ici entre la francophonie et les États-Unis, à travers plusieurs morceaux d'enregistrements, des archives qui semblent avoir été retrouvées par hasard, avec des destins humains toujours très intrigants et parfois même touchants. Alors, Dieu sait que j'ai été saisi par l'expérience !
D'autant que c'est très proche, dans sa construction, de la série de films V/H/S, qui sont en fait des compilations de courts métrages reliés par une histoire de base qui les connecte tous. C'est exactement ce qui est fait ici aussi, avec cette particularité de jouer sur plusieurs époques et différents types d'enregistrements. On passe d'une vieille émission télévisée à un tutoriel sur Internet, d'une vidéo amateur à un programme éducatif, et chacune de ces propositions possède sa propre identité.
Dans les courts métrages, il y a aussi pas mal d'inspirations connues, surtout pour les personnes très coutumières de l'horreur d'Internet. On a le coup du jeu télévisé qui cache quelque chose de démoniaque, une sorte de "alantutorial" et encore pas mal de surprises. Alors, bien entendu, je suis en terrain connu, mais ces inspirations ont toujours l'élégance de me surprendre avec plusieurs petites originalités qui vont donner à ces histoires beaucoup de charme.
Et puis, il faut aussi reconnaître le travail réalisé pour donner à chaque épisode son identité visuelle. Les différentes époques, les parasites, les vieilles caméras, les formats télévisuels ou encore les ambiances sonores participent énormément au plaisir de la découverte. Tout n'est pas toujours parfaitement crédible, j'y reviendrai, mais il y a un véritable travail de mise en scène qui donne à chaque histoire sa propre saveur.
J'ai également beaucoup apprécié la place accordée à l'humour. Parce que oui, Lost Media n'est pas uniquement une succession d'histoires bizarres et horrifiques. Il y a aussi de l'absurde, du grotesque et parfois une vraie volonté de nous faire sourire au milieu de situations particulièrement dérangeantes. Et je trouve ça franchement séduisant !
Cette variété permet justement de ne pas regarder huit fois la même histoire avec simplement un habillage différent.
Je ne vais pas vous faire un descriptif de chaque épisode, pour vous laisser aussi la surprise, mais oui... Il y en a des moins efficaces que d'autres. Je peux comprendre que beaucoup puissent se sentir floués de ne pas avoir eu des courts métrages avec des "niveaux de qualité" plus ou moins similaires. Mais je préfère voir la chose sous l'angle qu'il y a tout simplement des ambiances et des intentions différentes.
Personnellement, j'ai aimé toutes ces histoires, certaines beaucoup plus que d'autres, mais elles ont toutes un parti pris bien différent, avec pas mal de références horrifiques bien senties ou de petites originalités qui permettent de les distinguer.
Mention spéciale pour le sixième épisode, avec Mimichat, qui m'a vraiment beaucoup plu. L'alternance entre l'histoire de ces jeunes parents qui se séparent dans une folie grandissante, autour d'un dessin animé sur une petite télé cathodique... Filmé avec ce genre de vieux caméscope aux bruits parasites omniprésents et ce grain si particulier...
Mon Dieu, quel bijou d'horreur !
Il y a quelque chose de profondément malsain dans cette manière de mélanger l'innocence d'un dessin animé pour enfants avec une situation familiale qui devient de plus en plus inquiétante. Et c'est justement là que la série arrive à tirer quelque chose de vraiment fort de son concept. On n'a pas besoin d'en faire des tonnes pour ressentir le malaise. Une image, un bruit, un souvenir qui refait surface et tout peut devenir terrifiant.
Je n'en ai pas raté une miette et c'est certain que j'irai revoir au moins cet épisode. Qui, pour le coup, fait en plus de ça vraiment très peur, avec son final à la fois très doux et cauchemardesque.
Mais il n'y a pas que Mimichat !
J'ai également beaucoup apprécié le fameux épisode avec Feldup, Le cas Andrew Youngman. Déjà, retrouver une sorte de faux épisode de ses Findings, c'est une excellente idée, mais ce qui m'a surtout séduit, c'est ce sentiment de découvrir une réalité alternative dans laquelle un événement absolument invraisemblable viendrait bouleverser notre vision de l'humanité.
Cette histoire d'astéroïde et de cet homme qui s'y trouve possède quelque chose de complètement dingue. Ce n'est pas seulement bizarre ou inquiétant, c'est aussi une proposition qui nous questionne sur notre place dans l'univers, sur ce que nous croyons connaître de notre réalité et sur les conséquences terrifiantes, voire cataclysmiques, que pourrait avoir une telle découverte. Comme si cette fausse enquête se moquait finalement de l'humanité tout entière et de notre besoin de trouver une explication à absolument tout.
C'est assez fou d'arriver à faire ressentir quelque chose d'aussi vaste avec un concept aussi court. Et c'est précisément pour ce genre de propositions que j'aime autant l'horreur !
Il y a aussi une véritable dimension humaine dans plusieurs histoires, qui mérite d'être soulignée. Derrière leurs idées horrifiques, les créateurs abordent des traumatismes, des souffrances et différentes difficultés psychologiques qui donnent parfois un sens bien particulier aux événements. Et si certaines métaphores manquent de subtilité, d'autres parviennent à nous toucher sincèrement.
Je pense notamment au jeune garçon du dernier épisode, dont l'histoire m'a vraiment beaucoup touché.
Et c'est important, parce que ça montre bien que Lost Media ne cherche pas uniquement à nous proposer des images étranges pour nous faire peur. Il y a une volonté de raconter quelque chose derrière ces cauchemars, de parler de personnages, de leurs émotions et de leurs souffrances. Même lorsque les idées ne sont pas toutes parfaitement développées, cette dimension donne à l'ensemble une sensibilité que j'ai beaucoup appréciée.
Maintenant, il y a aussi cette fameuse histoire qui relie tous les épisodes entre eux.
Et là, ouais, il y a un problème...
Tout au long de la série, j'ai adoré ce fil rouge. Il est très court, ne prend jamais trop de place et distille petit à petit des informations toujours plus intrigantes. On découvre ces échanges entre un homme et une femme, à travers différentes interfaces audio et écrites, et à chaque intervention, on a furieusement envie d'en savoir plus. Qui sont-ils ? Pourquoi regardent-ils ces enregistrements ? Qu'est-ce qui se cache derrière tout ça ?
Le mystère fonctionne tellement bien qu'on finit forcément par attendre quelque chose de cette histoire. Sauf que, comme pour certains courts métrages, la révélation finale est un peu légère et apporte finalement assez peu de satisfaction.
Du coup, quel était véritablement l'intérêt d'utiliser ce cadre en guise de récit ?
Dans les V/H/S, ce sont souvent simplement des gens qui retrouvent des cassettes mystérieuses, qui finissent par les rendre fous ou par faire basculer la situation dans l'horreur. C'est parfois très simple, mais ça suffit à donner une raison à l'existence de ces différents enregistrements. Ici, j'ai l'impression que les auteurs veulent nous proposer quelque chose d'un peu plus ambitieux, sans que la conclusion soit totalement à la hauteur de l'attente qu'ils ont créée.
Après quelques recherches, il semble également exister tout un ARG, autrement dit un jeu de piste qui prolonge l'univers de la série sur Internet, avec des indices à retrouver et des mystères supplémentaires à résoudre. Et franchement, c'est une très bonne idée pour les fans qui veulent continuer l'expérience ! Mais je ne suis pas certain que cela suffise à justifier les faiblesses du récit-cadre pour le spectateur qui se contente de regarder les huit épisodes.
On pourrait d'ailleurs faire quelques autres reproches à Lost Media. Oui, ce n'est pas parfait.
La série est pleine de métaphores sur les troubles psychologiques parfois beaucoup trop évidentes, et je regrette que le mystère disparaisse dès qu'on comprend le principe de certains épisodes. C'est dommage, parce que leurs idées de départ sont souvent suffisamment intrigantes pour mériter un développement un peu plus surprenant.
Les effets numériques des dernières images peuvent également sembler de trop et font parfois finir les épisodes sur un côté un peu lourdingue dans la mise en scène. Une caméra ne se comporte pas comme ça, et c'est clairement un rajout au montage qui veut simuler une distorsion d'image parfois assez grotesque. Alors que la série fait justement beaucoup d'efforts pour donner l'impression que nous regardons de véritables enregistrements retrouvés, ces artifices peuvent venir casser cette illusion.
J'ai aimé les épisodes et ce qu'ils racontent, mais clairement, certains dénouements sont légers, comme s'ils témoignaient du fait qu'il n'y avait finalement pas grand-chose à raconter au-delà de l'idée horrifique initiale. En effet, deux ou trois épisodes souffrent de fins en queue de poisson. On sent parfois que les auteurs ne savent plus vraiment comment conclure leur histoire, ou qu'ils choisissent une chute un peu facile après avoir pourtant réussi à installer une excellente ambiance.
Et je pense que la durée des épisodes y est aussi pour quelque chose.
Parce que dans l'ensemble, ce format très court est une véritable force ! Il permet d'enchaîner toutes ces petites histoires au cours d'une bonne soirée, sans jamais avoir le temps de s'ennuyer. On découvre une idée, on plonge dans son univers et on passe ensuite à quelque chose de complètement différent. C'est terriblement agréable et ça correspond parfaitement à ce que j'aime dans les anthologies horrifiques.
Mais en même temps, cette brièveté est probablement aussi l'une des principales responsables de certaines conclusions trop abruptes. Il y a des histoires qui auraient certainement mérité quelques minutes supplémentaires pour mieux développer leurs personnages, approfondir leurs mystères ou simplement préparer une fin un peu plus satisfaisante.
C'est donc à la fois l'une des meilleures qualités de la série et l'une de ses principales limites.
Ceci dit, tout cela n'a pas entaché mon visionnage. J'ai passé une excellente soirée devant Lost Media, et c'est bien ce que je retiens avant tout. Un véritable voyage teinté d'angoisse, d'étrangeté, d'humour et de surprises, à la sauce française, par des créatifs qui ont saisi quelque chose d'essentiel dans l'horreur.
Il y a une certaine poésie là-dedans, bien que pas toujours maîtrisée, comme on l'a vu. Une façon de transformer des images banales, des souvenirs d'enfance ou des programmes télévisés en quelque chose de profondément dérangeant. Et parfois, de faire surgir un peu d'humanité au milieu de toutes ces étrangetés.
Alors oui, certaines histoires auraient mérité de meilleures conclusions, quelques effets numériques auraient gagné à disparaître et le fil rouge aurait pu nous offrir quelque chose de plus satisfaisant. Mais ce serait dommage de réduire Lost Media à ces imperfections, tant elle regorge d'idées, de charme et d'une véritable envie d'explorer plusieurs formes d'horreur.
Sur la globalité, c'est une très bonne pioche, une belle petite pépite française dont je rêve déjà d'une suite.
Et si cette dernière pouvait conserver toute cette créativité en soignant un peu plus ses dénouements, je serais le premier à me jeter dessus !
C'est fou parce que, figurez-vous qu'un nouveau film V/H/S vient de sortir et que je me retrouve encore à fouiller Internet pour essayer de mettre la main dessus... Alors qu'au fond, je sais pertinemment que cette saga, malgré tout l'amour que je lui porte, reste quand même très moyenne et continue de me décevoir assez régulièrement. Et finalement, c'est Lost Media qui est venu combler ce manque, presque de manière salvatrice, au beau milieu de ce désert horrifique que je traverse ces derniers temps. Parce qu'au fond, c'est peut-être bien ça qui résume le mieux mon expérience... Lost Media, c'est le V/H/S que je rêvais d'avoir !
Une anthologie généreuse, inventive, pleine de bonnes idées, qui ne réussit pas toujours ses conclusions, mais qui possède suffisamment de personnalité et de créativité pour me rappeler pourquoi j'aime autant ce genre. Alors oui, il y a des maladresses, des facilités et quelques frustrations, mais franchement, quel plaisir de découvrir une proposition pareille, et française en plus !
Rien que pour ça, elle mérite tout mon respect.
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Créée
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