Lovely Runner est une série qui, à mes yeux, ne parvient jamais vraiment à dépasser son concept de départ. Sur 16 épisodes d’une heure, l’intrigue finit par s’étirer inutilement, au point de donner l’impression qu’elle repose davantage sur la répétition que sur une véritable progression dramatique. Il y a bien quelques idées intéressantes, mais elles restent trop dispersées pour créer un ensemble réellement convaincant.
Le principal problème, selon moi, tient à l’écriture des personnages. Le personnage féminin m’a semblé excessivement mis en avant, au point de devenir presque écrasant dans la dynamique du récit. Je l’ai trouvé à la fois fier, rigide, parfois puéril, et surtout peu nuancé. Au lieu de susciter l’attachement, elle finit par imposer une présence qui prend toute la place, sans pour autant dégager une vraie profondeur émotionnelle.
Le personnage masculin, quant à lui, m’a paru trop souvent réduit à un rôle de soutien. Il ne m’a pas semblé exister pleinement par lui-même, mais plutôt servir à valoriser l’autre protagoniste. Cette asymétrie affaiblit considérablement la relation centrale, qui aurait gagné à être plus équilibrée, plus incarnée, et surtout moins artificielle.
C’est d’ailleurs là que la série me perd le plus : dans sa manière de traiter la romance. J’y ai trouvé quelque chose de trop adolescent, trop mécanique, presque jamais vraiment habité. La relation manque de maturité, de tension émotionnelle et de sincérité. À force de vouloir prolonger l’attente et l’émotion, la série finit par diluer ce qu’elle aurait pu avoir de touchant.
Il y a aussi, à mon sens, un vrai problème de cohérence temporelle. Comme souvent dans les récits de voyage dans le temps, la série accumule des incohérences sans jamais proposer d’explication réellement solide ou satisfaisante. Les règles du récit semblent fluctuer selon les besoins du moment, sans logique claire ni continuité convaincante. Surtout, les actions du personnage principal censées aider le personnage masculin manquent souvent de cohérence interne : elles paraissent dictées par l’effet dramatique plus que par une véritable construction narrative. Résultat, l’ensemble perd en crédibilité et en rigueur.
En définitive, Lovely Runner n’est pas une série que je retiendrais pour sa finesse ou sa cohérence. Elle contient quelques scènes réussies, mais cela reste insuffisant face à un ensemble que j’ai trouvé long, déséquilibré et peu engageant. Pour moi, elle ne mérite pas l’enthousiasme qu’elle suscite.