Le générique l'indique clairement : cette série est un hommage à Morris et Goscinny.
Mais dommage, ce n'est pas un hommage à Lucky Luke.
C'est en fait une sorte de reboot, façon "à la mode actuelle" sauce disney, c'est à dire insipide: On prend un héros, on garde son costume... et on jette tout le reste.
Oublié, tout ce qui caractérise le personnage de la BD.
Solitaire, taciturne, rusé, cogneur, chasseur de hors la loi, mauvais caractère...
Oubliées ses aventures, lui qui se retrouve confronté à tout ce que la mythologie de l'ouest sauvage produit, du plus classique (hold up, fusillades, guerres indiennes...) au plus iconoclaste (convoyer des scientifiques sur les terres indiennes, gérer la colonisation des pionniers, devenir artiste...)
Oublié Jolly Jumper, le cheval qui aurait carrément sorti Luke du mauvais pas de l'épisode 1.
Oublié même le fait que Lucky Luke est ambidextre (là, fallait vraiment ne rien connaitre au personnage).
Faut croire qu'intégrer tout ça dans un scénario était trop difficile.
Donc, une fois ce postulat posé, bah, il ne reste plus rien de Lucky Luke. On a un personnage qui s'habille comme lui, c'est tout. Une coquille vide.
Là, notre héros nous fait une quasi Rooster Cogburn, faut aider fifille à retrouver sa maman. 100 dollars pour un scénariste à l'ouest. Enfin, plusieurs scénaristes, car ils s'y sont mis à trois pour pondre ce truc insipide, qui n'a rien à voir avec la célèbre recette du café de Hank (enfin, c'est un des gars de la diligence mais pas certain que ce soit lui. Les souvenirs sont loin...)
Bref, c'est encore du disney, où le héros s'efface devant l'humain et ses petits tracas. Quelle utilité finale, si ce n'est de ridiculiser le personnage ? A quand l'épisode où Lucky Luke chope une gastro et se met à péter en courant après les Dalton ? Après tout, c'est bien arrivé à Serge Karamazov.
Bref, c'est une insulte à la BD et à son créateur, Morris. Par rebond, c'est aussi une insulte aux fidèles lecteurs de la BD.
Et cette musique... C'est aussi un hommage c'est ça ? Ennio doit adorer.
Détail qui tue : le coup du générique en écriture inclusive, dernier clou dans le cercueil de l'homme qui tire plus vite que son ombre.