Plus je regardais d’épisodes, plus j’aimais ça.
La situation dans cette comédie fait partie des ficelles les plus éculées : un sosie qui fait semblant de s’en sortir sur un terrain qu’il ne connaît absolument pas, un dispositif du genre qui mène d’ordinaire à des situations gênantes, prévisibles et invraisemblables. Et pourtant, tout semble très frais. Et pas gênant. Ce qui est en grande partie dû à David Mitchell.
Ludwig a un postulat presque aussi alambiqué que les énigmes que John adore résoudre. Mais une fois que vous aurez fini de lever les yeux au ciel devant la bêtise de tout ça, les charmes de la série vous happeront à chaque enquête cosy.
Ce qui vous fera rester, c’est Mitchell, dont la charmante gaucherie porte sans effort la série au-delà de ses moments les plus artificiels et révèle le cœur empathique qui se cache dessous.
Les possibilités comiques de la maladresse sociale ont été explorées à fond au cours des deux dernières décennies dans le divertissement britannique et américain, mais Mitchell est particulièrement doué pour l’évoquer, et la manière dont cela se produit dans « Ludwig » paraît nouvelle. La série parvient à fonctionner à la fois comme une comédie, un drame et une procédure policière mystérieuse, et la maladresse n’est pas là seulement pour faire rire.
« Ludwig » joue ses accords mineurs et majeurs, ses passages plus sombres et plus légers, avec une clarté et une force égales.
C’est une série de mystère amusante à suivre, surtout grâce à l’interprétation de Mitchell en détective réticent qui préférerait simplement créer des énigmes seul dans son appartement plutôt que de résoudre des meurtres.
Avec une distribution de personnages secondaires compétente et un trio de têtes d’affiche délicieusement idiosyncratique, la série renverse la formule de la procédure criminelle britannique la plus convenue de façon de plus en plus réjouissante.
Les aspects procéduraux sont malins et pleins de rebondissements, et le mystère feuilletonnant de la disparition de James constitue un moteur solide.
On y trouve une distribution excellente, notamment Maxwell Martin, Sophie Willan (d’« Alma’s Not Normal ») et Dipo Ola dans le rôle d’un détective malgré lui.
C’est une série divertissante, d’un humour mordant, mais aussi tendre malgré tous les meurtres. Mitchell et Maxwell Martin ont une alchimie formidable, tout comme Mitchell et Ola. Toute la distribution fonctionne.
C’est un mélange de neuf et d’ancien, de ridicule et de déjà-vu, et pour certains cela penchera trop d’un côté ou de l’autre selon leurs sensibilités.
Cependant, si vous acceptez de vous laisser porter, Mitchell et sa bande ont créé une série distincte et distinctement amusante qui, tout en rendant hommage aux séries de meurtres et mystères, vous accroche et se révèle infiniment regardable.
Vers la fin, le mystère global (qu’est-il arrivé au jumeau de Ludwig ?) se met en place d’un seul coup.