7
le 22 oct. 2017
SuivreSequence killers
La série est devenue depuis lontemps une œuvre à part entière, et ne se contente plus d’être un divertissement low cost en adéquation avec la médiocrité ambiante du petit écran. Les cinéastes s’y...
Mindhunter est une anomalie. Une série de David Fincher sur Netflix, consacrée aux débuts du profilage criminel au FBI dans les années 70-80, qui prend le parti radical de ne jamais montrer de violence, de ne jamais céder au sensationnalisme, et de construire sa tension uniquement à travers des conversations. Et ça fonctionne à un niveau rarement atteint.
Fincher apporte sa signature visuelle à chaque plan — cadres froids, lumières artificielles, une palette de couleurs désaturées qui installe une atmosphère d’une précision oppressante. Chaque bureau, chaque salle d’interrogatoire, chaque motel miteux transpire l’Amérique profonde de l’époque avec une authenticité absolue. C’est beau et inconfortable à la fois.
Les performances sont remarquables. Jonathan Groff compose un Holden Ford fascinant — rigide, brillant, de plus en plus déstabilisé par la proximité avec les abysses qu’il explore. Holt McCallany est son parfait contrepoint, ancré, humain, et finalement le personnage le plus attachant de la série. Les acteurs incarnant les tueurs en série — Ed Kemper en tête — sont proprement terrifiants, d’autant plus que la série choisit le dialogue plutôt que l’horreur pour les rendre monstrueux.
L’écriture est d’une intelligence rare. Mindhunter ne s’intéresse pas aux crimes mais à ce que côtoyer le mal fait à ceux qui l’étudient — et cette question, traitée avec une lenteur et une rigueur quasi documentaire, donne à la série une profondeur que peu d’œuvres du genre atteignent.
Alors pourquoi ça s’arrête là ? Officiellement, Fincher évoque des contraintes de planning. Mais on sent surtout qu’une série aussi exigeante, aussi peu spectaculaire dans le mauvais sens du terme, ne correspondait plus à ce que Netflix cherchait à produire. C’est la plateforme qui a tué l’une de ses meilleures œuvres par manque de patience — et c’est une perte réelle pour la télévision.
Deux saisons, une troisième jamais tournée, et un sentiment d’inachevé qui ne passe pas.
Créée
le 17 mai 2026
Critique lue 20 fois
7
le 22 oct. 2017
SuivreLa série est devenue depuis lontemps une œuvre à part entière, et ne se contente plus d’être un divertissement low cost en adéquation avec la médiocrité ambiante du petit écran. Les cinéastes s’y...
8
le 15 oct. 2017
SuivreLa critique de la première saison est suivie de celle de la seconde. On a vu se développer dans le monde de la série assez récemment une certaine mode du genre policier tendant à utiliser comme...
8
le 15 oct. 2017
SuivreMindhunter, la nouvelle série de David Fincher sur Netflix après House of Cards est encore une fois un petit bijou à l’esthétique hyper léchée et à l'unité de mise en scène bluffante. Après Seven et...
7
le 17 mai 2026
SuivreHalf Man, c’est la série que tu regardes avec une boule au ventre, et que tu continues quand même. Deux frères, trente ans de relation, une violence qui éclate le jour d’un mariage — Gadd remonte le...
3
le 11 août 2026
SuivreL’Objectif Visuel (Mise en scène & Esthétique) Une photographie terne aux teintes bleutées et un découpage télévisuel sans relief tuent toute tentative d’atmosphère. L’abus de champs-contrechamps et...
8
le 21 mai 2026
SuivreIl y a des films qu’on regarde, et des films qui vous marquent à vie. Terminator 2 fait clairement partie de la deuxième catégorie.Ce qui sidère encore aujourd’hui, c’est l’ambition visuelle du film...