Une série de 1976, des Romains avec un accent british bien comme il faut et un ton théâtral poussé à fond… et pourtant, la série met une branlée aux soaps Netflix de merde qui sortent en abondance aujourd’hui, parce que tout repose sur l’essentiel : une écriture solide, une mise en scène maîtrisée et des acteurs habités, laissant le temps long faire son œuvre, loin des twists artificiels et des cliffhangers à outrance.
Malgré cela, I, Claudius est une grande série péplum, à mon avis largement inconnue et mésestimée par le grand public. En même temps, très difficile à se procurer. Je l’ai matée en DVD, qualité dégueu, mais ça fonctionnait quand même très bien.
Les enjeux de palais, suite à la prise de pouvoir d’Octave devenu Auguste par le Sénat, sont palpitants et représentent très bien l’esprit mortifère de ce monde. La série repose exclusivement sur l’écriture et le jeu d’acteur, avec très peu d’action, ce qui renforce la tension politique et la cruauté des intrigues.
Le casting est exceptionnel : Derek Jacobi livre un Claudius d’une intelligence attendrissante derrière une façade de faiblesse, John Hurt incarne un Caligula terrifiant de folie, et Siân Phillips compose une Livie tout simplement glaçante, manipulatrice et… détestable. Ces performances donnent vie à ces grands personnages historiques.
La série vous présente les cinq premiers empereurs de Rome, la dynastie julio-claudienne, à travers la plume de Claudius, qui a survécu à de multiples périls en se faisant passer pour un idiot handicapé. Cette narration subjective donne une vraie cohérence historique et dramatique, tout en assumant une vision politique sombre et désabusée de l’Empire romain.
La mise en scène, très théâtrale et contrainte par le budget de la BBC, privilégie les plans longs, les dialogues denses et les décors fermés, ce qui crée une atmosphère étouffante parfaitement adaptée aux complots de palais.
Classique incontournable