Il faut quelques épisodes pour comprendre où Paranoïa agent cherche à nous entrainer. Car ses parties semblent disjointes, plus indépendantes que liées entre elles, en dépit de passerelles pour aller de l'une à l'autre. On pense au départ à une série policière, dont l'issue serait invariablement l'agression du protagoniste de l'épisode par le "gamin à la batte". Avant de comprendre qu'on s'aventure vers quelque chose de bien plus grande envergure.
L'animation est maintenant datée et parait sommaire de nos jours. Mais c'est suffisamment étrange et prenant pour qu'on l'oublie rapidement. Avec sa série, Satoshi Kon apparait assez comme l'équivalent pour l'animé de ce que David Lynch incarne pour le cinéma. Paprika confirmera d'ailleurs tout ça par la suite... Tout n'est pas expliqué, une large place est laissée à l'imaginaire et à l'interprétation. Pourtant, on finit par déceler ce que la série cherche à dire à l'arrivée. Et au travers de sa galerie de personnages hétéroclites, de sa créatrice de manga, à son écolier, en passant par sa call-girl, son policier corrompu, ou ses trois résolus au suicide, on comprend que l'ensemble a une portée universelle pour tout ceux amené à vivre dans le monde moderne. Quel que soit leur parcours.
Pour ceux désireux de tester, voir l'épisode 3 carrément parfait. Pour ceux plus curieux, voir l'intégralité. Parce que c'est virtuose.