En trois mots, WHAT. THE. FUCK.
Je balance un résumé rapide : Tokyo est secouée par une série d’agressions commises par un mystérieux jeune garçon aux patins à roulettes dorées, surnommé "Shônen Bat", qui frappe ses victimes avec une batte de baseball en or, et un peu . L’enquête est confiée à deux inspecteurs aux profils opposés : l’un, vieillissant et intuitif ; l’autre, jeune et rationnel. Mais plus ils avancent, plus la frontière entre la réalité et le délire collectif s’effrite. Qui est vraiment ce garçon ? Pourquoi frappe-t-il des gens apparemment sans lien entre eux ? La réponse n’est pas celle qu’on croit...
J’ai mis les pieds dans une sacrée masterclass, et je dois avouer que je l’ai jugée bien trop vite lors des premiers épisodes. J’ai cru tenir un thriller tout bonnement banal, un petit mystérieux qui roule dans les rues, se trimballent avec sa batte un peu tordue. Et pendant 13 épisodes, on allait se battre pour retrouver son identité et comprendre qui il était. Classique.
Mais en fait c’est une succession d’épisodes de folies, de mensonges, de découvertes brutales et de dénonciation de la réalité humaine. Une réalité souvent malhonnête et/ou non assumée.
Ce qui est génial, c’est comment la rumeur de ce gamin se propage n’importe comment. Et plus elle se propage, plus ses attraits physiques changent au fur et à mesure. Il n’a pas de forme fixe. Au début, c’est un gamin espiègle, puis il devient menaçant, difforme, jusqu’à ce qu’on ressente vraiment comme un monstre au fur et à mesure que la panique grandit.
Ce garçon, c’est tout le monde. Il n’existe pas en tant que tel. C’est la nature même de la souffrance de chacun des personnages à travers les épisodes. Shonen Bat est la matérialisation de leurs fuites, de leurs traumatismes non résolus, de leur incapacité à assumer leur vie. C’est le bouc émissaire parfait que la société crée pour ne pas avoir à regarder ses propres plaies en face.
On y voit une fille en apparence fragile, qui se révèle schizophrène, se mariant au premier venu pour fuir sa solitude, et faisant la prostituée le soir pour exister ailleurs. On suit trois paumés qui veulent se suicider ensemble, mais qui, dans leur démarche macabre, reflètent clairement un espoir de vivre… sauf qu’ils sont déjà morts? Je crois, je sais pas, je sais plus, à un moment, je ne comprenais plus rien, et c’est ça qui était beau putain. Ce n’était pas pour autant aléatoire. Chaque épisode reflétait un fond psychologique complexe et non dit. On ne comprend pas la folie avec de la logique, car il n’y a pas de tueur. Tout réside dans l’artistique de l’animation et dans la peinture de vies minables, mais qui ont pourtant une valeur qu’il ne faut pas négliger. C’est à travers le chaos de chacun qu’on comprend la vérité, ce chaos, c’est notre SOCIÉTÉ.
C’est une claque narrative et visuelle. Une œuvre qui ne se regarde pas, qui se subit et qui vous force à vous remettre en question.