Je l'avoue, je n'ai vu qu'un peu plus de la moitié du premier épisode de cette série. Cela m'a suffit.
Nous avons ici une évocation excessivement sombre du Paris de la fin du XIXème siècle, quinze ans avant la première boucherie mondiale.
Alors, bien sûr, ça prend légitimement le contre-pied d'une époque qui nous a été trop souvent présentée comme "Belle" par les manuels scolaires d'histoire et les médias qui se faisaient l'écho de cette propagande de l'état français. Mais à l'inverse, Paris Police, comme l'ancienne série Les mystères de Paris, nous dresse un tableau plus que sombre de la société d'alors. Antisémitisme actif, maltraitance des femmes nous sont assénés dans une ambiance glauque à souhait, comme si l'univers quotidien n'était fait que de cela.
La police française y est présentée sous un angle plutôt positif qui met à mal les brebis galeuses machistes, "réactionnaires" et antisémites du système policier français. Un voeu bien pieux qui tente d'atténuer le fait qu'il s'agissait avant tout d'un outil de contrôle social brutal et répressif au service d'un Ordre dominé par les aristocrates souvent ultracatholiques finissants et des hommes d'affaires impitoyables corrompant à loisir le milieu politique. Nous étions peu avant une première guerre mondiale qui allait percer le bubon putride de ce nid d'inégalités, d'injustices sociales et sexistes et de souffrances dans le peuple. Une partie de cette violence-là, réelle, est largement mise en avant et même avec excès si l'on songe à l'épisode de violence antisémite de rue et à la scène du porcelet égorgé par l'antisémite nationaliste Guérin. On se demande si le tabassage d'une épouse trompant son mari fonctionnaire de l'Intérieur ne nous est pas épargné faute de temps. On a un peu l'impression que les auteurs du film ont voulu déployer dans cette page d'histoire mal enseignée aux citoyens français les conflits sociaux contemporains les plus à la mode : antisémitisme et sexisme.
Mais il y avait aussi à l'époque, même dans ce chaudron sous pression qu'était Paris, des niches d'espoir, d'amour désintéressé et de créativité auxquelles ni le scénario, ni le jeu des acteurs ne semble vouloir donner de place. Cela rend le spectacle pénible, et l'impression d'un gâchis de moyens, d'une occasion ratée de construire le film d'une belle et passionnante fresque historique. Bref, j'en ai abandonné le visionnage par écœurement, et je ne laisse que 4/10 à cette série.