Par Nicolas Laquerrière
Vendue à ses débuts comme un spin off de The Office, Parks & Recreations s'est rapidement émancipée de toute comparaison avec son aînée. En nous racontant l'épopée de Leslie Knope, employée municipale chargée des espaces verts bien décidée à transformer un cratère dans lequel un habitant s'est brisé les os en parc, la série de Greg Daniels et Mike Schur (anciens de The Office) a rapidement dépassé son statut de série aux vannes faciles sur les fonctionnaires pour devenir le portrait aussi tendre qu'hilarant de Pawnee, cette petite ville du midwest avec son mode de vie et ses habitants, évoquant une version live et pertinente, au XXIème siècle, des Simpsons. Tout d’abord assez semblable aux saisons précédentes, drôles mais plan-plan et balourdes dans leur déroulement, cette sixième saison pourrait bien être celle de la transition vers un second souffle aussi inattendu qu’excitant pour Leslie Knope et compagnie.
En effet, au fil des saisons et des ajustements dans son cast, Parks & Recreations a trouvé son rythme de croisière, affiné sa science de la vanne et de la référence qui tue. Le contrepoids de cette alchimie totale au sein de la troupe d'acteurs poussait souvent la série à se reposer sur ses lauriers. Même si les arcs saisonniers se suivaient et se ressemblaient, la série était de plus en plus drôle, mais la cinquième saison et une première partie de cette sixième saison marquaient un ralentissement notable. Sans atteindre les profondeurs abyssales d'un How I Met Your Mother, Parks & Recreations a montré tous les symptômes de la série qui temporise dans son storytelling (l'irrésistible ascension de Leslie Knope en politique) et qui a du mal à se renouveler. L'ensemble se suit plus par habitude et bienveillance envers des personnages attachants que par réel intérêt pour ce que l'on nous raconte.
En cela, cette sixième saison ne déroge pas à la règle. Nous retrouvons Leslie en conseillère municipale décriée chargée de fusionner Pawnee et Eagleton, la ville voisine plus huppée tandis que son mari, Ben, cherche sa voie. En ce qui concerne les personnages secondaires, la troupe connaît sa partition sur le bout des doigts et on peut compter sur Aziz Ansari, Chris Pratt ou encore Aubrey Plaza pour faire fonctionner les intrigues, de plus en plus réchauffées, qui leur sont échues. Le point de rupture et l’élévation de la saison à un niveau qualitatif que l’on n’espérait plus se situe à mi-chemin avec le départ, traité et préparé avec minutie, des personnages de Rashida Jones et Rob Lowe. Doux-amers et typique de la tendresse avec laquelle Parks & Recreations sait traiter ses personnages sans jamais les juger, ces épisodes préfigurent l’envie (voire le besoin) d’avancer de ses protagonistes et de la série. Bien sûr, la série n’oublie pas qu’elle est l’une des plus drôles du moment comme le rappelle l’épisode où la ville simule une épidémie de grippe ou bien celui où le cast rencontre ses homologues (aux allures de miroirs déformants) d’Eagleton. De plus, les escapades à Londres, Paris le temps d’une scène post générique ou San Francisco confrontant la folie de Pawnee au monde extérieur font respirer la série et lui offrent une extension, bienvenue, de son rayon d’action. (...)
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