Faire une série ayant pour cadre les institutions européennes n'allait pas de soi, déjà de par le manque de connaissances globale qu'a le citoyen des institutions ne serait-ce que nationales, mais aussi de par la barrière de la langue (ou plutôt des langues) induite par ce cadre - même si le Français et l'Anglais restent ici majoritaires. Ces considérations ont sans doute mené à la diffusion en ligne de cette série qui prend le parti de l'humour (parfois génial et parfois lourdingue) mais n'est pas dénuée de sérieux et de sensibilité pour autant.
J'ai un peu de mal avec le personnage principal, qui au-delà de ses bouffonneries et de sa maladresse a un coté un peu trop calculateur (qui rate à presque tous les coups d'ailleurs). D'ailleurs, on ne sait pas trop d'où il sort. Devenir assistant parlementaire, même au niveau européen, ne demande certes pas forcément une connaissance approfondie des institutions, mais une certaine politisation, ces emplois s'aquiérant en général par réseau. La série nous dit que Samy the shark n'a ni l'un ni l'autre. Etrange.
Cette série a tout de même le mérite d'avoir une patte bien à elle, au niveau du soundtrack notamment, et nous offre mine de rien des plans recherchés ; il n'y a qu'à voir cette scène de l'avant-dernier épisode où Ingy nous délivre un monologue clairement inspiré du "fuck society" de Mr. Robot.
Et les personnages sont tout de même attachants, la palme revenant à l'OVNI Eamon qui est d'un flegme incroyable.
La série a aussi conscience de sa propre ironie, faisant des blague meta au carré - Samy proposant à ses deux comparses de faire une collocation au début de la série en décrivant une parodie d'amitié de séries ; qui fini par arriver en fin de saison alors qu'ils se remémorent les bons moments ; la plaisanterie devenant alors réalité. Dans l'ensemble, la fin de saison a une approche plus sérieuse que le burlesque de certains épisodes, et c'est tant mieux.
Sans être révolutionnaire, Parlement a l'originalité pour elle, dans son initiative comme dans son traitement, et constitue un bon moment, qui plus est instructif pour ceux qui ne s'interessent pas à la politique au-delà des discussions PMU.