Des personnages qui rêvent de percer à Hollywood mais se retrouvent à jouer les traiteurs/serveurs pour payer les factures, c'est une idée intéressante et originale, avec un joli potentiel de losers magnifiques et attachants.
A la place, moquons-nous d'eux, en faisant de gros clins d’œil pour bien expliquer au spectateur que le MALAISE c'est super drôle quand on est super intelligents. Quand d'autres séries lancées en même temps (comme la merveilleuse Community) ou après (comme la formidable Silicon Valley) nous montrent des personnages dysfonctionnels, parfois agaçants, mais avant tout terriblement humains et incitant à l'identification et à l'empathie, Party Down préfère prendre la route de The Office: un humour de "smartass", distancié, avec des personnages constamment ridicules, une narration quasiment mockumentaire par moments, sans vraie nuance, qu'on observe de loin avec un sourire narquois au lieu de passer du temps avec les protagonistes en apprenant à les aimer.
Cet humour autosatisfait, qui établit un "eux" (ce patron imbécile, médiocre, et perpétuellement malaisant, c'est apparemment hilarant) et nous (les gens super sophistiqués qui écrivons la série) empêche tout affect, ou presque.
Presque, parce qu'il faut noter la qualité du casting en général, et l'alchimie entre les excellentissimes Lizzy Caplan et Adam Scott en particulier. Eux sont attachants, par bribes. Moins grâce à l'écriture que par ce qu'ils arrivent à tirer de ce qu'on leur donne, par des regards, des micro-gestes, des intonations qui sonnent justes et nous donnent envie de voir où ça va.
Mais bon, l'important, c'est le MALAISE hein.
The Office, 30 Rock, et toutes ces séries de petits malins qui ont passé leur temps à célébrer la subtilité de leurs propres flatulences ont vraiment salopé une décennie entière de comédie à la télé, c'est dommage.