N’allez pas chercher midi à quatorze heures, c’est du divertissement et, en ce sens, le réalisateur Park Joon-hwa remplit parfaitement sa mission ; une comédie romantique avec une intrigue, avec des valeurs humaines, avec de la résilience et une bonne dose d’humour.
Il nous vend du feel-good, de l’amusement et du happy end ; à prendre ou à laisser.
Perfect Crown c’est la rencontre de deux milieux différents néanmoins privilégiés et une romance nuancée sous des feux couronnés. C’est à la fois Harry et Meghan aspirants à leur indépendance et à leur liberté et Roméo et Juliette imposant leur amour tel un acte de rébellion contre l’ordre établi.
En toile de fond, une réflexion ; quelle est la place de la royauté au 21e siècle, son impact, ses privilèges et les coûts de son prestige. Avec élégance, le réalisateur nous dépeint le ridicule des protocoles encore d’actualité au sein des pays monarchiques, sans pour autant se moquer de l’Histoire.
Perfect Crown, c’est aussi un chemin qui mène vers l’Amour sans dégouliner de miel et de pleurs rivières, avec des seconds rôles indispensables et avec des costumes et des décors soignés.
On se laisse porter par le jeu de la délicieuse IU et ses spéciales dédicaces à la grande Son Ye-jin, par la plastique de Byeon Woo-seok qui, sans faire d’étincelles, assure très bien le job et par la réunion de deux mondes argentés. Un sageuk parmi les talons aiguilles ; un Joseon instagrammable.
Si le réalisateur Park Joon-hwa a marqué l’univers du K-drama avec ses mémorables Because This Is My First Life et Alchemy of Souls, il ne faillit cependant pas avec ses autres productions de rom-com. Certes, peut-être moins phénoménales mais joliment écrites et livrées à l’écran : What's Wrong With Secretary Kim, Touch Your Heart, Love Your Enemy…
Perfect Crown parlera sans doute moins aux Occidentaux car la série reflète l’essence même du K-drama : ces comédies romantiques classiques que les Coréens connaissent depuis le berceau. Les codes récurrents sont ici exploités à bon escient (parapluie, accident, chute, …) sans créer les habituelles lourdeurs que l’on connaît trop bien.
Park Joon-hwa, c’est un peu Shakespeare au pays de Candy doté d’un don certain pour l’écriture de ses personnages féminins. Candides ou Wonder Women, ni putes ni soumises, toutes affichent des personnalités incontestablement ingénieuses et indépendantes et une grande force de caractère ; élevant de surcroît l’image de la femme au sein de la société coréenne.
Un drama doux.