Perfect Crown part d'une idée séduisante : imaginer une Corée où la monarchie aurait survécu jusqu'au XXIᵉ siècle. Sur le papier, les possibilités semblent immenses. Pourtant, arrivée au dixième épisode, je ne comprenais toujours pas vraiment comment fonctionnait cette royauté. Quels sont ses pouvoirs ?
Au fil des épisodes, j'ai surtout eu le sentiment de regarder un empilage : une intrigue politique, une romance princière, une comédie romantique, une superbe photographie, une très belle OST et un casting impressionnant.
J'avais même parfois l'impression que les personnages n'appartenaient pas au même drama : la reine douairière et le Premier ministre semblaient évoluer dans une intrigue politique, le prince dans une romance princière et IU dans une comédie romantique contemporaine.
Pris isolément, chaque élément fonctionne. Ensemble, ils ne forment jamais vraiment un récit.
La monarchie elle-même reste curieusement floue. Les palais sont magnifiques, les cérémonies fastueuses, les costumes superbes, mais je n'ai jamais réellement compris les règles de ce monde. Même certains petits détails finissent par interpeller. Les Coréens retirent leurs chaussures avant d'entrer dans une maison ; ici, tout le monde circule chaussé dans les palais comme à Buckingham. Pourquoi pas. Mais encore faudrait-il que cet univers possède une identité suffisamment forte pour que je cesse de me poser la question.
Et lorsque tous les enjeux finissent par se nouer autour de la monarchie, la série trouve une solution particulièrement pratique : elle la dissout. C'est efficace. Un peu trop.
Et le problème est finalement le même avec la romance. J'apprécie IU comme Byeon Woo-seok et, séparément, ils fonctionnent très bien. Ensemble, en revanche, je n'ai jamais ressenti cette alchimie qui aurait dû donner vie au conte de fées. C'est d'autant plus frappant que le deuxième couple, avec beaucoup moins de place, parvient davantage à créer cette complicité qui manque au couple principal.
Park Joon-hwa utilise pourtant tout ce qui fait sa signature. Dans Because This Is My First Life ou Alchemy of Souls, sa mise en scène venait renforcer une écriture particulièrement solide. Ici, j'ai parfois eu l'impression qu'elle cherchait surtout à donner du relief à un scénario qui en manquait.
On m’a collé IU, Byeon Woo-seok, Noh Sang-hyun, Gong Seung-yeon, Lee Yeon, Yoo Su-bin, Park Joon-hwa, des palais magnifiques, une OST superbe et visiblement beaucoup d'argent. Très bien. Mais où est le drama ?
IU, on ne la présente plus. Son jeu reste précis, naturel et juste, même si j'ai eu le sentiment de la voir évoluer ici dans une zone de confort.
Byeon Woo-seok confirme de son côté qu'il ne faut pas le réduire au héros romantique de Lovely Runner. Je l'avais déjà remarqué dans Strong Girl Nam-soon, où il incarnait un antagoniste glaçant. Ici, c'est finalement son sens du rythme comique qui m'a le plus surprise. Ses hésitations, ses regards et son timing fonctionnent particulièrement bien dans les scènes qu'il partage avec Yoo Su-bin.
Noh Sang-hyun est probablement celui qui me laisse le plus de regrets. Dès ses premières apparitions, il impose une présence calme, élégante et mystérieuse. Son personnage laisse entrevoir des conflits intérieurs, des loyautés contradictoires et une intelligence politique qui auraient mérité beaucoup plus de place.
Même frustration avec la reine, à laquelle Gong Seung-yeon apporte une belle humanité. Derrière la rigidité de son statut apparaît une femme profondément seule que j'aurais aimé davantage découvrir.
Et puis il y a Lee Yeon et Yoo Su-bin. La première confirme tout le bien que je pense d'elle depuis Weak Hero Class 1 : sérieuse, piquante, elle attire naturellement le regard. Le second apporte une présence joyeuse et forme justement avec elle ce couple secondaire que j'aurais volontiers regardé un peu plus longtemps.
C'est peut-être cela, finalement, qui résume le mieux Perfect Crown. Tout est là. Il ne manquait finalement qu'une histoire capable de réunir tout cela et une romance suffisamment forte pour me faire oublier le reste.
Je ne demandais pourtant pas à Perfect Crown de réinventer la monarchie ni la comédie romantique. Je voulais simplement croire un peu à son monde et beaucoup à son couple.
J'ai surtout eu l'impression de contempler un magnifique coffret... pour découvrir, une fois ouvert, qu'il contenait beaucoup de papier de soie et une couronne de fête foraine.
Je ressors davantage frustrée que déçue.