Cette série originale nous fait suivre avec bonheur l’intégration de trois policières fin des années 1950 dans un commissariat de Stockholm. Quand je parle de bonheur, j’évoque bien sûr celui du spectateur d’aujourd’hui qui reçoit comme un coup de poing cette réalité, pas celui des premières policières, qui elles, supportent sarcasmes, brimades pour construire un chemin professionnel dans ce monde de brutes mal dégrossis. Ce rappel très réaliste de la médiocrité du regard de beaucoup d’hommes, à cette époque d’après guerre, sur la place des femmes dans la société, est le point le plus pertinent et fort de cette série. Les personnages sont superbement écrits. L’autre réussite est l’utilisation de très courtes images d’archives avec quelques subreptices images couleur sépia pour faire le lien avec le développement des intrigues, ce qui rend l’histoire encore plus réaliste. Quant à l’accompagnement musical, là, j'ai eu un vrai problème. Le collage d’une musique de rap sur ces images de transition abîme la crédibilité. Que vient faire le rap en 1958 dans cette histoire. Je comprends que le tempo de cette musique colle au rythme saccadé des images de transition, mais cette dissonance de temporalité est un point négatif qui restreint mon enthousiasme. Il n’en reste pas moins vrai que c’est l’une des très bonnes séries que j’ai pu voir sur Netflix cette année. C’est un regard positif et même grandiose sur la vaillance et l’intelligence de ces femmes.